“ Cette insolence de voyou fut dégorgée, comme un vomissement, sur le seuil très humble de la chapelle des Missionnaires Lazaristes de la rue de Sèvres, en 1879. ”
Voyou
Définition et enjeux
Le terme « voyou » désigne un individu marginalisé, souvent lié à la délinquance ou à la marginalité sociale. Ce concept a été analysé par plusieurs auteurs, comme Léon Bloy, qui évoque l’insolence d’un voyou dans un cadre religieux, ou Émile Zola, qui le place parmi les habitants des faubourgs dans L’Assommoir.
Victor Hugo, Émile Zola et Charles Beltjens ont également traité ce thème, mêlant critique sociale et poésie. Les textes mettent en lumière une variété d’approches, allant des descriptions réalistes aux métaphores symboliques, illustrant la complexité des marges dans la littérature française.
Citations sur le voyou
Charles Beltjens,
L’Impartial de Nice
“ Ah ! dans leur foule illustre, où s’élèvent tes yeux, Peut-être aperçois-tu quelqu’un de tes aïeux, Et son sang dans ton cœur te murmure à voix basse : Un jour auprès de lui tu dois avoir ta place ! Si c’est ton vœu, jeune homme, écoute ! ouvre à ma voix Ton cœur et ton esprit, et vois ce que je vois. ”
“ Mes désirs vers tes yeux ne vont plus te proscrire Je sais trop le néant que recèle ton voile Ton pâle regard n’est malgré tout son sourire Qu’un trou dans le brouillard ou brûle un jour d’étoile : Mes bras levés vers tes cheveux mystérieux S’enfonceraient en vain dans tes profonds orbites, Sans t’atteindre, astre clair, jour lointain de tes yeux. Au souffle suppliant que ma lèvre suscite Vers ta bouche nocturne et ton baiser obscur S’éparpille ton voile, et la brûme envolée Devant l’éveil du rêve a montré, désolée, Le solitaire Ennui de l’éternel Azur. ”
Eugène-Melchior de Vogüé,
Revue des Deux Mondes
“ Pasteur nous éclaira comme ces lumières qu’on allume pour trouver la route dans la nuit, et qui font paraître la voûte du ciel d’autant plus obscure qu’elles sont plus brillantes, plus révélatrices de ce qui existe sur notre terre. ”
Prosper Jourdan, Contes et poésies de Prosper Jourdan…
“ Qui donc, sous ton voile, Fait trembler ta main? Le coeur dans les yeux, les yeux sous le voile, La belle rêvait, le voile épinglé; La brise a souffle.... La brise a soufflé sur la fine toile; Le voile est ouvert, l'amour est passé, Le coeur envolé. Le jeune homme est loin; la maison est close. Qu'il fait chaud dehors! voici la fraîcheur. ”
Antoine Rougier, La Voix de la sagesse
“ Indique la Voie, même indistinctement et perdu dans la foule, comme fait l’étoile du soir à ceux qui suivent leur chemin dans la nuit. Éclaire et réconforte le pélerin en peine et cherche celui qui en sait encore moins que toi. ”
Paul-Jean Toulet,
Mon Amie Nane
“ Lève un voile, un voile encore ; il y a toujours, sous un symbole, un autre symbole. Mais pour toi seul qui le savais déjà, puisqu’on enseigne aux hommes cette vérité-là seulement que d’avance ils portaient dans leur âme. ”
Charles Augustin Sainte-Beuve,
Le Clou d’or/Édition 1921
“ Un voile couvrait sa voix ; un voile couvrait son âme et ses yeux et toutes ses beautés, jusqu’à ce que vînt l’heure. Sa vie devait être comme ces vallées presque closes, où le soleil ne paraît que lorsqu’il est déjà ardent, et sur les onze heures du matin. ”
Auguste Panneton, En flânant dans les portages
“ Les yeux fermés, vous entendez battre votre cœur, respirer vos poumons, palpiter votre âme, alors qu’une demi-conscience calme et lucide vous fait goûter pleinement les seules grandes joies de vivre et de penser tout-bas. Recueillez-vous, écoutez ! Écoutez longtemps, sous le ciel bleu, au bord du lac paisible, écoutez murmurer, douce et égale, la voix du bon silence. Elle vous confiera des secrets que nulle autre ne saurait dire. ”
Anna de Noailles,
Poème de l’amour
“ Si je n’aimais que toi en toi Je guérirais de ton visage, Je guérirais bien de ta voix Qui m’émeut comme lorsqu’on voit, Dans le nocturne paysage, La lune énigmatique et sage, Qui nous étonne chaque fois. ”
Jean-Pierre Veyrat,
Station poétique à l'abbaye de Haute-Combe
(1847)
“ Les larmes de ma mère y sont tièdes encore ; La colombe d'amour a pris son vol aux cieux ! LE VOYAGEUR. Regarde, une lampe fidèle Veille toujours sous les piliers ; Laisse dériver ta nacelle Le long de ces verts peupliers. LE GONDOLIER. La mort sur son nid l'a trouvée ; Veille, ô lampe de ma douleur ! Le milan guette sa couvée, Dieu veille. où vas-tu, voyageur? LE VOYAGEUR. Connais-tu.? mais la nuit monte avec les étoiles , Le lac semble pleurer le beau jour qui n'est plus, Le pécheur a plié ses filets et ses voiles , La cloche du couvent a sonné l'ANGÉLUS! ”
L. Silvant, Éphémère, poésies de L. Silvant (1855)
“ J'aime à voir ses rayons qui dorent le coteau ; J'écoute avec amour, quand le jour se colore, Parler la voix d'en haut ! Un 'doux ravissement dans mon âme s'éveille, Quand l'ombre de la nuit annonce son retour, Sous la voûte des cieux je vois l'astre qui veille Briller au firmament, s'éteindre avec le jour; De ces points lumineux je vois filer l'étoile, Refléter ses rayons au transparent de l'eau, Et le nuage épais, qui passe et qui la voile, Dit : C'est la voix d'en haut ! Venez, venez au bois : que d'odeur parfumée! ”
Stuart Merrill,
La Société nouvelle
“ Voyez ses lèvres, comme elles tremblent du récit des derniers baisers ; Voyez ses yeux pleins de toute la douleur qu’ils ne peuvent celer ; Criez, car il vous écoute : Ô Amour, mène-nous à ta demeure ! Ah ! écoutez les mots de sa voix pitoyable : Venez, entourez-moi, ô les fidèles qui souffrez D’inquiétude et de lassitude, et du mode changeant du monde. Comme la pluie au milieu du matin, vos maux vont redoubler. Mais certes, en vous renaît quelque chose de divin Quand vous m’appelez, moi qui vous écoute et vous mène vers ma demeure. ”
Victor Hugo,
Les Feuilles d’automne
“ Riez, chantez, courez ! Votre œil me jettera quelques rayons dorés, Votre voix charmera mes heures. C’est la seule en ce monde où rien ne nous sourit Qui vienne du dehors sans troubler dans l’esprit Le chœur des voix intérieures ! Fâcheux ! qui les vouliez écarter ! — Croyez-vous Que notre cœur n’est pas plus serein et plus doux Au sortir de leurs jeunes rondes ? ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Faust
“ Étranger, veux-tu te reposer dans la chaumière, ou si tu préfères rester ici à l’air ? Il fait frais. Prends le petit, que j’aille te chercher de l’eau. — Dors, mon enfant, dors ! LE VOYAGEUR. Que son sommeil est doux ! comme il respire paisiblement et dans sa brillante sanlé !... Toi qui naquis sur ces restes saints du passé, puisse son génie venir reposer sur toi ! Celui que son souffle caresse saura, comme un dieu, jouir de tous les jours ! ”
Edouard Schuré,
Revue des Deux Mondes
“ Mais toi, les yeux perdus, tu poursuivais ton rêve Dans une vision de magique splendeur... Autour de toi, tes fils, groupés sous le feuillage, Regardaient dans tes yeux le dieu s’épanouir, Comme une voix d’en haut attendant ton message ”
Paul Regnaud,
Annales du Musée Guimet
“ « Comme des aveugles qui ne voient pas, mais qui respirent avec le souffle vital, qui parlent avec la voix, qui entendent avec l’ouïe, qui pensent avec l’instrument de la pensée. » Alors la vue rentra dans le corps. ”
Jean-Jacques Audubon,
Scènes de la nature dans les États-Unis et le Nord de l’Amérique
“ Le son des voix humaines lui fait bondir le cœur et réveille les pulsations tumultueuses de la vie et de l’espérance qui renaissent. — L’œil de Dieu l’avait vu, le malheureux, à genoux, au bord de la vaste et paisible rivière qui étincelle sous les rayons du soleil, et bientôt aussi viendront l’y chercher les regards de ses semblables ”
Ernst Theodor Amadeus Hoffmann,
E.T.A. Hoffmann - Contes fantastiques
“ La vue s’étend alors sur l’autre vie comme sur une terre promise ; la mienne découvre en ce moment un espace que je ne saurais mesurer, dont ma voix d’homme ne saurait décrire l’immensité. Souviens-toi, mon enfant, que la mission mystérieuse qui te fut attribuée, peut-être non sans dessein, aurait pu te perdre ! ”
Charles Reynaud, Revue des Deux Mondes
“ Mêlé pendant un jour à ces mœurs primitives, Le voyageur s’émeut de ces scènes naïves; Couché dans son manteau sur le sable, et des yeux Embrassant vaguement l’immensité des cieux. Il rêve de harems et de femmes voilées. ”
“ Là-bas à l’horizon vague de l’esprit. Maître, Sur la rive d’où je vois votre voile apparaître. Et dans mon âme que réconforte la clarté, Je regarde et j’adore Le rayonnement argenté Qui dans le crépuscule semble une aurore. ”
Léocadie Penquer,
(Oeuvres posthumes). Mes nuits…
(1891)
“ C'est toi là-haut, moi sur la terre, Tous deux réunis dans la Foi. C'est toi, là-haut, dans cette étoile Qui me regarde et m'éblouit, Et qui, même à travers mon voile Et mon deuil, éclaire ma nuit!... Nos mains que l'Infini sépare Semblent cependant se toucher; Et quand le vide les égare Elles ont l'air de se chercher. Chercher!... C'est le mot que Dieu même A dit aux hommes, ici-bas. Nier ce mot est un blasphème ; Aveugle qui ne cherche pas !.,. 88 VEUVE Toi, le voyant, cherche, chère âme, A travers mes sentiers déserts : Cherche l'amour, cherche la femme Qui fut jadis ton univers!... ”
Anna de Noailles,
Les Forces éternelles
“ Les sphères dont le chant me touchait par ta voix ! Avant de te connaître en ta fureur céleste, Je t’aimais sans regrets et te haïssais moins, Je ne prévoyais pas ta force ardente et leste Qui prend, dans le plaisir, les mondes à témoin. ”
Judith Gautier,
La Conquête du paradis
“ Déjà les voiles se déploient sur les mâtures ; molles et tombantes, dans l’air sans souffle, elles font penser, à tous ceux qui les regardent, le cœur serré par l’angoisse, à des linceuls que l’on prépare. ”
Léocadie Penquer,
(Oeuvres posthumes). Mes nuits…
(1891)
“ Pour toi maintenant le séjour, Te souvient-il d'avoir connu cette allégresse, Respiré ce parfum, vécu dans cette ivresse Qu'ici-bas on nomme l'amour? 76 VEUVE N'ES-TU PAS LA ? N'E-tu pas là?... Je crois t'entendre A mon oreille, une voix tendre A murmuré le mot amour. On dirait un souffle qui joue Sur mon front, ma lèvre, ma joue Ou dans mes cheveux, tour à tour. N'es-tu pas là? — Dans la nuit sombre, Je viens de voir, à travers l'ombre, Comme une lueur s'allumer. Je viens d'entendre, à mon oreille. Ce mot qui toujours me réveille, Ce mot du Ciel : Il faut aimer!... ”
Paul Verlaine,
Œuvres complètes de Paul Verlaine
“ Et dans les longs plis de son voile Qui palpite aux brises d’automne, Cache et montre au cœur qui s’étonne La vérité comme une étoile. Elle dit, la voix reconnue. Que la bonté c’est notre vie. ”
Émile Zola,
L’Assommoir
(1877)
“ Alors, deux voyous crièrent à la chienlit ; des promeneurs accoururent ; des boutiquiers, l’air amusé, se haussèrent derrière leurs vitrines. Au milieu du grouillement de la foule, sur les fonds gris et mouillés du boulevard, les couples en procession mettaient des taches violentes, la robe gros bleu de Gervaise, la robe écrue à fleurs imprimées de madame Fauconnier, le pantalon jaune-canari de Boche ; une raideur de gens endimanchés donnait des drôleries de carnaval à la redingote luisante de Coupeau et à l’habit carré de M. Madinier ”
Jean-Pierre Veyrat,
Station poétique à l'abbaye de Haute-Combe
(1847)
“ Gloire à Dieu dans l'abîme Et dans les profondeurs des cieux ! LE VOYAGEUR. Pour monter jusque dans sa gloire, Sur le faîte du promontoire, Je veux me bâtir une tour; Autans, emportez-moi vers elle, Donne-moi ton aile, hirondelle, Prête-moi ton vol, ô vautour! LE CHOEUR. Qui connaît le sentier où dans sa gloire il passe? L'aigle à suivre son ombre a fatigué ses yeux ; Gloire à Dieu dans l'espace Et dans les profondeurs des cieux ! Ire ET IIe voix. L'aile de l'amour est plus promte! Si tu veux monter plus tôt, monte De la tour des pleurs, ô martyr ! ”
Maurice Larrouy,
Les vagabonds de la gloire. , Campagne d'un croiseur…
(1916)
“ Les yeux et les oreilles acquièrent des perceptions mystérieuses; on voudrait retenir, comme un viatique, la voix de l'être proche et ses inflexions les plus puériles. Nous pouvons quitter la France, nos âmes ont épuisé le trésor du cœur. ”
James Fenimore Cooper,
Les Puritains d’Amérique
“ Que la voix de la prière s’élève en sa faveur, ou... — Écoute ! il y a quelqu’un dans la forêt, j’entends le froissement des feuilles ! — La voix de celui qui a fait la terre murmure dans les vents ; son souffle est le mouvement de la nature. ”
“ Ainsi crie en lui-même une voix fidèle. « Tu veux tenter le saint des saints ? Nul mortel, dit la bouche de l’oracle, n’écartera ce voile, que je ne le lève moi-même. » Mais la même bouche ne dit-elle pas aussi : Qui lève ce voile, verra la vérité ? ”
Nicolas Martin, Poésies complètes... (3e édition fort augmentée… (1857)
“ Sur mon front plane le nuage D'où jaillit un premier éclair. Dans les cœurs et dans la nature Tout se recueille et semble mort : L'onde et l'oiseau sont sans murmure ; L'if si morne est plus morne encor. Et dans ce silence unanime Que nul accent n'ose troubler, Tous attendent la voix sublime, La voix de Dieu qui va parler. ”
Ludovic Sarlat, Aimer, prier, chanter, poésies… (1846)
“ Oui, Seigneur, la voix qui vous prie Au haut du ciel est recueillie Comme un parfum délicieux ; Et quand elle part de la terre, Les séraphins avec mystère La répètent au haut des cieux. Prions donc!. Jetons dans l'espace Les louanges du Tout-Puissant ; Que la brise du soir qui passe Les emporte au ciel en glissant ! Confions nos chants aux étoiles, A la nuit, à ses chastes voiles ; Harpe, frémis entre mes doigts, Et qu'aux cieux ton accord sonore Arrive et retentisse encore Comme un écho de notre voix. La vie est un pèlerinage, Un lfeuve que nous traversons ”
Victor Hugo,
Œuvres complètes de Victor Hugo…
“ Je ne sais si ce fut le bon Dieu ou le démon qui m’exauça ; mais presque au même moment j’entendis s’élever sous ma fenêtre une voix, non celle d’un oiseau, mais bien mieux : la voix pure, fraîche, veloutée d’une jeune fille de quinze ans. Je levai la tête comme en sursaut, j’écoutai avidement la chanson qu’elle chantait. ”
Pierre Louÿs,
Œuvres complètes de Pierre Louÿs…
(1929 - 1931)
“ Qu’en tes mains, Astarté, nuit magnifique et tendre. Ma joie en tes cheveux frissonne et rêve à toi, Prête à périr s’il lui fallait cesser d’entendre Ta voix toujours divine et prompte à s’étoiler Me chanter doucement ou doucement parler. ”
Gérard Walch, Anthologie des poètes français contemporains
“ Qu’ils sont, ils ont des yeux perçants comme une vrille, Luisants comme ces trous où l’eau dort dans la nuit ; Ils ont les yeux divins de la petite fille Qui s’étonne et qui rit à tout ce qui reluit. ”
“ Non, vous êtes la voix qui parle et vibre en moi ; la voix qui, dans mes nuits d’insomnie désolée, me crie qu’il faut aimer, aimer, aimer ! La voix qui, jusqu’au pied de l’autel, me poursuit et me dit que l’amour, c’est la raison de vivre ! ”
Anna de Noailles,
Les Éblouissements
“ Barque passant le soir en croisant ses deux voiles Comme un ange attendri courbé sous les étoiles, C’est vous qui m’avez fait ce cœur triste et profond, Si sensible, si chaud que l’univers y fond ! ”
Renée Vivien,
Le Vent des vaisseaux
“ Voici le matin clair... Mon âme ouvre les yeux. De ses nocturnes yeux ouverts, elle regarde... Avec une stupeur tragiquement hagarde, Redoutant la lumière évidente des cieux. C’est l’heure que je crains, celle où s’ouvrent les yeux. ”
Gérard d’Houville,
Ô Rêve - Les Eaux douces du songe - Les Premiers Voyages
“ Votre onde trop pareille à la femme incertaine ? Car brillante et limpide ainsi que de beaux yeux, Ondoyante aussi bien qu’un corps voluptueux, Aussi douce à toucher qu’une peau froide et lisse, Et de fraîcheur remplie, et d’ombre et de délice, Vous êtes infidèle et pleine de danger ! ”
s:fr:Renée de Brimont, Mirages
“ Mes yeux, vous ai-je bien servis ? Car il vous plaît d’être servis, vous, vous dont la lueur profonde peut réfléchir un ciel et contenir un monde ! Tour à tour, ô mes yeux intenses, mes deux yeux étrangement secrets, tendrement curieux, tour à tour vous aimez et vous quittez les choses. ”
Théophile de Viau,
Œuvres complètes de Théophile
“ Aux accens de ta douce voix, Je voy les fleuves et les bois S’embrazer comme a faict mon ame. Si tu mouilles tes doigts d’yvoire Dans le crystal de ce ruisseau, Le Dieu qui loge dans ceste eau Aymera, s’il en oze boire. Presente-luy ta face nue, Tes yeux avecque l’eau riront, Et dans ce miroir escriront Que Venus est icy venue. Si bien elle y sera despeincte, Que les Faunes s’emflammeront, Et de tes yeux, qu’ils aymeront, Ne sçauront descouvrir la feinte. Entends ce Dieu qui te convie À passer dans son element ; Oy qu’il soupire bellement Sa liberté desjà ravie. Trouble-luy ceste fantaisie, ”
Amédée Déoux, Chansons dites à la Béranger (1834)
“ UN jour la sainte voyageuse Trouva le monde étreint de fers , Et vit qu'une rouille hideuse Rongeait sourdement l'univers ; Comme une tendre mère , Des pleurs dans les yeux , Elle dit à la terre : Allons! ”
John-Antoine Nau,
Vers la fée Viviane
“ Souvent je vous regarde, aussi belles qu’alors, — (Ne vieillissent ni les femmes, ni les nuages Qu’on suit d’un œil d’envie dans le ciel bleu et or,) — Mais autres, moins amies, touchées d’un jour étrange, Aube de quelles hautes et prochaines vies ? Vos yeux brillent toujours, profonds et lumineux, Reflets d’astres en l’eau diaphane, loin des rives ”
“ Nous nous sommes aimés au plus profond des bois. Ah ! que j’aime entendre ta voix ! Avec de jolis mots frémissants de tendresse Qui s’attardent, ainsi qu’une vague caresse, Tu redis ton amour, Maîtresse de mon choix. Ah ! que j’aime entendre ta voix ! ”
