Charles Reynaud

Résumé

Charles Reynaud,  Revue des Deux Mondes

“ Il n’a pas de maîtresse, il n’a pas de patrie ;
L’amour n’a pu toucher ce cœur de conquérant,
Et, quand de ses baisers une femme est flétrie,
Il reprend son chemin comme le Juif errant ;
Il poursuit son destin, le voyageur sans trêve,
Funeste et séduisant comme l’ange déchu ;
Plus d’une délaissée a dû voir, dans son rêve,
Sur son soulier verni percer un pied fourchu ;
Il a l’instinct du mal, il en a le génie ;
Nulle ame ne résiste à ses yeux dissolus ;
Il a vu, sans pâlir, sa mère à l’agonie,
Et vendrait son pays pour un baiser de plus.
”
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Charles Reynaud,  Revue des Deux Mondes

“ C’est encore Myrrha, mais diversement belle,
Myrrha, qui, de l’artiste enivrant les regards,
Réalisait ainsi cette fable immortelle
De la blonde Vénus enchaînant les beaux-arts.
Agatharque, endormi dans l’amour et l’étude,
À ses refus passés songeait plus mollement ;
Il y pensait pourtant, non sans inquiétude,
Et son orgueil blessé murmurait vaguement.
Il songeait quelquefois à l’épouse d’Ulysse,
Qui détruisait la nuit son ouvrage du jour ;
Mais d’un cœur bien épris quel n’est pas l’artifice !
Pour se tromper soi-même il est plus d’un détour.
”
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Charles Reynaud,  Revue des Deux Mondes

“ Les bonnes gens de Porto-Vecchio traitent Bourrasque comme un excentrique, comme une espèce de fou ; c’est tout simplement un homme rusé, qui a compris qu’il fallait acheter par l’isolement le droit de vivre dans ce pays difficile ; il s’est créé une existence à part, ne rebutant et ne recherchant personne. Le meilleur moyen de n’avoir pas d’ennemis, c’est d’éviter de se faire des amis. Grâce à ce système, il est resté en dehors des querelles locales, et il a conservé sa qualité d’étranger, — chose précieuse dans cette île terrible, — quoiqu’il habite le pays depuis tantôt vingt années. ”
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