John-Antoine Nau

John-Antoine Nau

Résumé

Portrait de John-Antoine Nau John-Antoine Nau Vers la fée Viviane

Sur l’eau captive de l’étang où les nuées marines
Mirent leur grèbe neigeux et leur nacre grise
Ou chatoyante de prismatiques orients,
Parfois un goéland chassé par la tourmente
S’abat et glisse en la houle des flots moirés
Où l’ouragan n’est plus qu’une rude caresse
Et les couseuses hantées de songes du large
Se diront : « C’est le marin parti le plus loin, —
Lequel ? — dont la pensée nostalgique revient
Se baigner en le reflet blanc de son village. »
Mais comme la pensée d’une âme aventureuse
Le goéland, bientôt las du calme, s’envole.
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Portrait de John-Antoine Nau John-Antoine Nau Vers la fée Viviane

Tandis que le haut mât tournoie, penche, s’érige
Et que la vague, l’aveuglant d’embruns, déferle,
Le mousse, ivre de rage et de peur, qui s’évade
En un port inconnu, sous les verdures noires,
Laissant tout le passé dans le bleu de la rade
Brillante encore, entre les palmes qui se moirent ?
Ne serai-je plutôt le chétif vagabond
Qui se coule sous les feuilles des haies,
Haletant aux galops sonnant sur la chaussée,
Rêvant à la fois d’ample espace et de prison ?
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Portrait de John-Antoine Nau John-Antoine Nau Vers la fée Viviane

Et, blondement s’estomper les lignes présentes,
D’une blondeur qui tourne au gris des cendres,
Sous un soleil doux, très pâle, comme lassé.
Tout devient trouble comme en une angoisse
Nostalgique et tristement espérante...
Ô soir dissolvant, à l’air suave, trop moite,
Éternel Soir où du révolu se lamente !
Avant ces maisons qui font des archipels blêmes,
Je vis des roseraies fraîches comme des filles ;
Au lieu des jardins — où nuls parfums ne s’emmêlent, —
Réguliers et morts, pareils à des Thèbes, —
J’ai vu des vérandas sucrées de chèvrefeuille
Où fleurissaient mes petites amies.
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