Résumé

Portrait de André Lemoyne André Lemoyne Les Charmeuses. [Préface de Jules Vallès… (1867)

Plus rien n'émeut le froid et sombre paysage : Nuit partout, dans le ciel, sur la terre et les eaux.
PROMENADE.
PROMENADE.
Lace tes brodequins, ma belle, et partons vite.
Noue en un seul bouquet tes cheveux châtain-clair.
Nous irons par les bois. — Le ciel bleu nous invite.
C'est déjà le printemps qu'on respire dans l'air.
Nous prendrons, si tu veux, ce petit chemin jaune Qui, sous les bouleaux blancs, court dans le sable fin, Pour nos pieds d'amoureux sentier large d'une aune, Mais qu'on suit tout un jour sans en trouver la fin.
Source : Gallica

Portrait de André Lemoyne André Lemoyne Les Charmeuses. [Préface de Jules Vallès… (1867)

Et nous écouterons sur les mares dormantes Cet invisible écho, prompt à s'effaroucher, Que tu croyais blotti parmi les fleurs des menthes, Et qui ne dit plus rien dès qu'on veut l'approcher.
Notre cœur saluera ces vieux hêtres intimes Sous lesquels, vers le soir, trop émus pour causer, Pour la première fois tous deux nous répondîmes Au chant du rossignol par un muet baiser.
Loin d'être indifférents au souvenir des autres, Nous verrons si le temps n'aurait pas effacé Du grand arbre les noms plus anciens que les nôtres, Noms d'heureux qui s'aimaient dans le siècle passé.
Source : Gallica

Portrait de André Lemoyne André Lemoyne Les Charmeuses. [Préface de Jules Vallès… (1867)

Il aime plus le calme que l'agitation, et ne quitte les bois que pour rêver encore dans les milieux tranquilles, là où l'on pleure peut-être, mais où la douleur ne hurle pas. Il ne recherche pas le spectacle agité du jour, et ne plonge pas, les cheveux au vent, dans les mêlées; mais il vient, le soir, contempler les débris, raconter les douleurs, consoler les regrets ; il chante les poètes morts, les soldats vaincus, les femmes veuves, quand dans un
coin du monde se casse une fibre du cœur ou une corde de guitare.
Source : Gallica

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