Henry Dubellay, Rimes buissonnières (1858)
“ C'est la voix, montant des falaises, Que le coeur écoute en rêvant, Lorsque frissonnent les mélèzes, Le soir, aux chauds baisers du veut. C'est l'oiseau libre dans l'espace ; C'est le nuage qui s'enfuit ; C'est le flot rapide qui passe ; C'est la fée envolée au bruit. C'est la fraîche fleur qui se fane Dès qu'on y veut porter la main, Et c'est le rêve diaphane ; C'était hier, et c'est demain ! C'est l'ombre que poursuit, avide, Le Désir, marcheur éternel ; C'est l'amour dont notre âme est vide ; Enfant, c'est le secret du ciel ! ”
