Henry Dubellay

Résumé

Henry Dubellay Rimes buissonnières (1858)

C'est la voix, montant des falaises, Que le coeur écoute en rêvant, Lorsque frissonnent les mélèzes, Le soir, aux chauds baisers du veut.
C'est l'oiseau libre dans l'espace ; C'est le nuage qui s'enfuit ; C'est le flot rapide qui passe ;
C'est la fée envolée au bruit.
C'est la fraîche fleur qui se fane Dès qu'on y veut porter la main, Et c'est le rêve diaphane ; C'était hier, et c'est demain !
C'est l'ombre que poursuit, avide, Le Désir, marcheur éternel ;
C'est l'amour dont notre âme est vide ; Enfant, c'est le secret du ciel !
Source : Gallica

Henry Dubellay Rimes buissonnières (1858)

Mon rêve, qui toujours embelli se prolonge, Embaumé des parfums qu'exhale un souvenir, S'égaie à la pensée, où mon âme se plonge, Que ce bonheur passé peut encor revenir.
Ainsi je rêve amour, renommée et fortune, Tandis qu'en tournoyant la fumée importune S'envole du foyer en beau nuage bleu ;
Et quand je me réveille, amour et renommée, Richesse, tout s'enfuit, folle et vaine fumée !
Source : Gallica

Henry Dubellay Rimes buissonnières (1858)

Au nom de ces bonheurs dans un rêve entrevus, Et que sur mon chemin je ne trouverai plus, O toi, dont m'abusait la tendresse hypocrite Dans le dernier baiser et le dernier adieu,
O fille sans pudeur, Carlotta, sois maudite, Maudite de ma mère et maudite de Dieu !
Parfois dans une foule, une louve à l'oeil rouge Se rue, et furieuse et le poil hérisse,
Trouvant sur son passage un enfant insensé, L'emporte en rugissant de plaisir dans son bouge.
Source : Gallica

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