Renée Vivien,
Études et Préludes
“ J’adore la langueur de ta lèvre charnelle Où persiste le pli des baisers d’autrefois. Ta démarche ensorcelle, Et ton impitoyable et perverse prunelle A pris au ciel du nord ses bleus traîtres et froids. Tes cheveux, répandus ainsi qu’une fumée, Légers et vaporeux, presque immatériel, Semblent, ô Bien-Aimée, Recéler les rayons d’une lune embrumée, D’une lune d’hiver dans le cristal des ciels. Le soir voluptueux a des moiteurs d’alcôve : Les astres sont pareils aux regards sensuels Dans l’éther d’un gris mauve, Et je vois s’allonger, inquiétant et fauve, Le lumineux reflet de tes ongles cruels. ”
