Résumé

Portrait de Renée Vivien Renée Vivien Cendres et Poussières

Posez, sur la blancheur d’un oreiller profond,
De ces fleurs sans éclat et dont l’odeur obsède.
Posez-les dans mes mains, sur mon cœur, sur mon front,
Les fleurs pâles au souffle amoureusement tiède.
Et je dirai très bas : « Rien de moi n’est resté...
Mon âme enfin repose... ayez donc pitié d’elle...
Qu’elle puisse dormir toute une éternité. »
Je dormirai, ce soir, de la mort la plus belle.
Que s’effeuillent les fleurs, tubéreuses et lys,
Et que meure et s’éteigne, au seuil des portes closes,
L’écho triste et lointain des sanglots de jadis.
Ah ! le soir infini !
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Portrait de Renée Vivien Renée Vivien Cendres et Poussières

Aux coupes sans ivresse où s’effeuillent les fleurs.
Ayant bu l’amertume et la haine de vivre
Dans le flot triomphal des vignes de l’été,
Elle a connu le goût de la satiété.
L’éternelle amertume et la haine de vivre
Corrompent le festin où le monde s’enivre,
Étendu sur le lit de roses de l’été.
L’Automne, ouvrant ses mains d’appel et de faiblesse,
Se meurt du souvenir accablant de l’amour,
Et n’ose en espérer l’impossible retour.
Sa chair de volupté, de langueur, de faiblesse,
Implore le venin de la bouche qui blesse
Et qui sait recueillir les sanglots de l’amour.
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Portrait de Renée Vivien Renée Vivien Cendres et Poussières

Ton Âme, c’est la chose exquise et parfumée
Qui s’ouvre avec lenteur, en silence, en tremblant,
Et qui, pleine d’amour, s’étonne d’être aimée.
Ton Âme, c’est le lys, le lys divin et blanc.
Comme un souffle des bois où sont les violettes,
Ton souffle vient baiser le front du désespoir,
Et l’on apprend de toi les bravoures muettes.
Ton Âme est le poème, et le chant, et le soir.
Ton Âme est la fraîcheur, ton Âme est la rosée.
Sa très douce pitié console du destin
Et ranime d’un mot l’espérance brisée.
Ton Âme est le sourire au regard du matin.
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