Renée Vivien,
Cendres et Poussières
“ Posez, sur la blancheur d’un oreiller profond, De ces fleurs sans éclat et dont l’odeur obsède. Posez-les dans mes mains, sur mon cœur, sur mon front, Les fleurs pâles au souffle amoureusement tiède. Et je dirai très bas : « Rien de moi n’est resté... Mon âme enfin repose... ayez donc pitié d’elle... Qu’elle puisse dormir toute une éternité. » Je dormirai, ce soir, de la mort la plus belle. Que s’effeuillent les fleurs, tubéreuses et lys, Et que meure et s’éteigne, au seuil des portes closes, L’écho triste et lointain des sanglots de jadis. Ah ! le soir infini ! ”
