Joseph Bouchard

Résumé

Joseph Bouchard Tableaux intimes : poésies (1904)

Sois pour lui cette amie, en ce jour mémorable! Insuffle dans son coeur une force durable! Qu'il devienne, par toi, l'amoureux triomphant! Qu'il marche, sans jamais regarder en arrière, Et que, vers l'éther bleu, plus aucune barrière N'arrête à l'avenir l'essor de ton enfant!
Dans tes bras presse-le, ce fils de la chimère! Rends-lui son frais baiser; en un mot, sois sa mère. Tu montreras ainsi, par ce baiser d'adieu, Que de l'amour sacré naissent les grandes choses, Que les rosiers sont faits pour y cueillir les roses Et qu'aimer tendrement c'est savoir prier Dieu!
Source : Gallica

Joseph Bouchard Tableaux intimes : poésies (1904)

Apporte-nous l'amour, apporte-nous la joie. Dans ta course d'un jour, où partout se déploie La féconde chaleur de ton foyer puissant, Donne à chacun la foi, rends moins lourde la chaîne; Laisse entrevoir un peu d'espérance prochaine. Tu feras le bonheur, Roi-Soleil, en passant.
Souris aux vieux, aux vieux courbés sous la poussière, Aux vieux qui, bêche en main, non loin d'une chaumière, Vont demander du pain à la bonté du sol; Aux vieux qui, le matin, voient s'allumer ta flamme Et n'ont souvent, le soir, pour alléger leur âme, Que le plaisir de voir grandir un tournesol.
Source : Gallica

Joseph Bouchard Tableaux intimes : poésies (1904)

Et, si l'on cherche dans son coeur, On trouve qu'on ne fut pas sobre.
Peut-être. La sobriété
N'a, paraît-il, jamais été
Faite pour couronner nos têtes.
L'amour! voici notre idéal.
L'amour encor! voici le mal
Dont ils souffrent tous, ces poètes.
Ma chère, adieu pour aujourd'hui. Vers moi s'avance un flot d'ennui; — Ai-je besoin de te le dire? — Puisque, loin de toi, maintenant, Je n'ai plus ce trésor charmant : Ni tes baisers ni ton sourire.
Réveil
REVEIL
REGARDE! il est déjà midi. Fuyons, fuyons l'air attiédi De cette chambre paresseuse. Du courage, chère dormeuse!
Source : Gallica

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