L’Idylle Vénitienne

Résumé

L’Idylle Vénitienne Gabriel Soulages

Sur quelle page de l’atlas faut-il que je cherche le lac, la forêt couronnée d’or, la plaine vêtue de pampres, la petite ville blottie sous l’automne, qui se mirent, au passage, dans les vitres de votre wagon, tandis que mes désirs vous appellent ?
J’ignore d’où vous venez, chère étrangère, et si vous êtes blonde ou brune, et quel goût, sur votre bouche, a votre âme. Mais je sais que je vous reconnaîtrai tout de suite, parmi la foule, aux Giardini, devant San-Marco, sur la terrasse du Lido... Vous serez celle qui me plaira le plus... Et vive la belle aventure !
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L’Idylle Vénitienne Gabriel Soulages

Quinze jours pour, enfin, être heureux, si vous le vouliez !... Mais vous êtes la Très Sage, et vous baissez les paupières, vous rougissez, vous faites « non » de la tête.
Aussi, c’est juste, je suis trop difficile ! Pourquoi ne pas me contenter de cette fleur qu’est votre âme et que vous m’avez donnée, et des turquoises de vos yeux, et des rubis de votre gorge, et de l’anneau de corail que, chaque soir, dans la gondole, — tandis que votre mari, près de nous, rêve aux étoiles, — je glisse, en cachette, à mon doigt !
V
PRÉSAGE
Cette nuit, j’ai fait un joli rêve !
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L’Idylle Vénitienne Gabriel Soulages

Un campanile grandit... Au-dessus de l’horizon rose, un vol de colombes, en cercle, tresse des couronnes blanches... Chargées de fleurs, des barques matinales glissent sur la mer prisonnière...
Que c’est enivrant de vivre, et d’être jeune, et d’être jolie, et d’avoir, soudain, — parce que la brise qui frôle ta nuque est la même qu’ont respirée George Sand, Bianca Capello et la pauvre Desdemona, — comme un peu de liqueur dans l’âme !
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