Résumé

Armand Masson Poésies d'Armand Masson. 1re partie… (1905)

Et sa chanson redit l'ivresse des beaux jours, Alors qu'ils se pressaient tous deux, aile contre aile, Sur la branche propice à leurs jeunes amours.
Comme ils furent heureux sous les feuilles du chêne, Qui servirent d'alcôve à leurs premiers ébats ; Comme l'air était pur et la brise sereine, Et comme la forêt applaudissait tout bas.
Puis, il chante l'espoir de sa jeune couvée, Les petits, frais éclos, qui demandent encor Tant de soins, jusqu'au jour où, d'une aile éprouvée Sous les yeux paternels ils prendront leur essor.
— Il chante le bonheur ! Car la Nature est douce Au Rossignol.
Source : Gallica

Armand Masson Poésies d'Armand Masson. 1re partie… (1905)

Là-bas, au grand soleil, il voit sur la hauteur Cette terre qu'il a tant des fois retournée :
C'est la fête des blés : comme un lac d'or mouvant Qui frissonne, ridé d'ondulations lentes, La moisson se déroule en nappes opulentes, Et les épis trop lourds se courbent sous le vent.
C'est grâce à lui pourtant si la terre est féconde; C'est grâce au vieux cheval poussif et déjeté, Si l'on récolte assez de gerbes cet été Pour que le pain ne soit pas cher au pauvre monde.
C'est lui, tirant le soc du matin jusqu'au soir, Qui donna ses sueurs à la glèbe épuisée
Source : Gallica

Armand Masson Poésies d'Armand Masson. 1re partie… (1905)

Car ton mensonge est comme un vin qui nous enivre Et nous réconcilie avec la vérité ; Ton rêve sert d'excuse à la réalité,
Et ta folie est la raison qui nous fait vivre ;
Tes leurres successifs sont les aspects divers De l'idéal à tout jamais inaccessible ; Tes erreurs ont doublé les caps de l'impossible Et de mondes nouveaux enrichi l'univers.
Si nos jours ne sont plus fertiles en miracles, Si le cycle héroïque a l'air d'être fermé, C'est que le vent mauvais du doute a consommé La ruine de tes suprêmes tabernacles.
Source : Gallica

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