Jean Richepin

Jean Richepin

Résumé

Portrait de Jean Richepin Jean Richepin,  Mes paradis

“ Par l’écho de ton cœur montant sa vaine garde.
Mérite ou démérite, est-ce qu’elle y regarde,
Elle ? Et toi-même enfin, ces mots à grand fracas,
Ces mots de ta consigne, en fais-tu toujours cas ?
Voyons si tout à leur lumière s’examine.
Qu’as-tu fait pour avoir joyeuse ou triste mine ?
Celui-ci marche droit et celui-là tordu.
Sur quoi fonderait-on qu’ils ont chacun son dû ?
L’intelligent, la brute, est-ce par récompense,
Par châtiment, qu’ils sont ainsi ? Nul ne le pense.
Et les nez grecs, les nez camus, les nez bossus,
Sont-ils des prix ou des pensums qu’on a reçus ?
”
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Portrait de Jean Richepin Jean Richepin,  Mes paradis

“ Voilà les paradis dont nous avons besoin,
Voilà ce qui convient le mieux, avant qu’il crève,
À l’infirme, à l’errant, au gueux qu’est notre rêve.
Comment, rien de plus ? Rien. Pas même, ô sourd-muet,
Le vœu qui, dernier-né, dans ton cœur remuait
Quand, le front lumineux, les yeux visionnaires,
Sur son buccin d’archange où roulaient des tonnerres
Hugo sonnait à notre espoir ressuscité
La diane de paix et de fraternité.
Hélas ! même ce vœu de nos récentes fièvres,
À peine il tremble encor, sourd-muet, sur tes lèvres.
”
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Portrait de Jean Richepin Jean Richepin,  Mes paradis

“ À la porte duquel on ne dit pas « qui vive »,
Un plat nouveau s’offrant dans tout nouveau convive ;
Ô vrai banquet d’amour où, du grand au petit,
Chacun boit à sa soif, mange à son appétit,
Sans vœu d’égalité, sans souci de justice,
Sans qu’un commun niveau lâchement aplatisse
Les plus sublimes fronts pour complaire aux plus bas,
Mais ceux-ci les premiers, eux, ne le voulant pas,
Puisque le beau, le bien, la grâce, le génie,
Sont un régal dont tout le monde communie ;
Ô banquet où les cœurs, purs des vieilles rancœurs,
Seront le pain des cœurs, seront le vin des cœurs
”
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