Émile Verhaeren,
Les Rythmes souverains
“ Son cœur grandi avait changé à un point tel Qu’il ne s’angoissait plus que des forces profondes Qui font d’un cœur humain le cœur même du monde Et lui donnent pour large et formidable loi On ne sait quel allègre et merveilleux effroi. Heures de paix, temps de naguère, ardeur, oubli, Image d’or dont l’or jour à jour a pâli ; Oh ! qu’elle fut tragique et sanglotante Cette heure et cette nuit d’hiver, Quand le cristal du miroir clair, Où leurs regards s’étaient brûlés dans un éclair, Se brisa, tout à coup, dans les doigts de l’amante ! ”
