Émile Verhaeren,
Les Forces tumultueuses
“ Mais peu à peu l’élan de son bras clair Se ralentit ; elle se trouble et s’inquiète. On la vaincra, puisqu’elle pense à sa défaite ; Et tandis qu’une dernière fois Son poing dresse le glaive — droit Puis s’affaisse, les ténèbres sont survenues, Le livide Occident décompose les nues, Et seul s’entend encor, parmi le morne espace, là-bas, dans le fond de la nuit, le bruit D’armes grandes, qui tombent, lasses. Sous les astres, et sous l’effroi Des étoiles seules Tournant, là-haut, comme des meules, La guerrière doutant de soi, L’orgueil en deuil s’en est allée. ”
