Émile Verhaeren,
Les Heures du soir
“ Tout est si calme et consolant, ce soir, Et le silence est tel, que l’on entendrait choir Des plumes. C’est la bonne heure où, doucement, S’en vient la bien-aimée, Comme la brise ou la fumée, Tout doucement, tout lentement. Elle ne dit rien d’abord — et je l’écoute ; Et son âme, que j’entends toute, Je la surprends luire et jaillir Et je la baise sur ses yeux.C’est la bonne heure, où la lampe s’allume, Où les aveux De s’être aimés le jour durant, Du fond du cœur profond, mais transparent, S’exhument. Et l’on se dit les simples choses : Le fruit qu’on a cueilli dans le jardin ; ”
