Ladislas Syrokomla

Résumé

Ladislas Syrokomla Cycle lithuanien

Rausdorf, silencieux, comme s’il fût de pierre,
Se tenait immobile, appuyant de sa main
Son crâne dans lequel les passions en lutte
Formaient un tourbillon, s’échappant en essaim,
Et lui montraient, tantôt le ciel, tantôt sa chute
Et de cuisants remords... Puis enfin, dominé
Par le diable, il s’écrie, à l’égal d’un damné:
«Peu m’importe l’enfer et l’action infâme!
Il faut d’abord qu’Eglé soit à moi, soit ma femme!
Nous surprendrons le fort, grâce à ma trahison,
Et je garde Eglé, même... en souillant mon blason.»
Source : Wikisource

Ladislas Syrokomla Cycle lithuanien

D’arracher son idole à son destin terrible,
A l’odieux bûcher, et, dans son désespoir,
Il désire, avant tout, la sauver et la voir.
« Les assassins, dit-il, lui reprendront la vie,
Si je n’arrive à temps pour ravir ma chérie...
Je souille mon honneur, mais par ma trahison
Je pourrai la trouver encor dans sa prison. »
Sous l’empire infernal de son amour, en lutte
Avec le cri loyal de son esprit en butte
Aux remords, dominé par l’âpre passion,
Il se lève et commande, à l’aube, l’action,
Conduisant ses archers, par le secret passage,
Dans l’enceinte du fort, à l’horrible carnage.
Source : Wikisource

Ladislas Syrokomla Cycle lithuanien

La nuit étend son voile étoilé sur le ciel;
On aiguise déjà le couteau sur l’autel,
On dresse le bûcher pour la victime, offerte
Au terrible Poklus. Dans sa cellule ouverte,
Rausdorf, éveillé, songe à son ange gardien,
Quand une vision apparaît au chrétien:
Non, il ne rêve pas. C’est un être, une femme
Qui, debout devant lui, l’appelle et le réclame,
La rougeur sur le front et des pleurs dans la voix:
«Fuyez sur l’autre rive, au plus tôt, dans les bois!
Une nacelle au bord vous attend amarrée;
Tout obstacle est levé, votre fuite assurée;
Pour éviter la mort, le supplice odieux...»
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature