Résumé

A.-P. Algare Chants napoléoniens, poésies nationales… (1863)

Et pourquoi donc enfin, Seigneur, vous obstiner à demander ma main ?
ROSEMOND.
Pourquoi ? C'est par pitié pour vous-même, Madame ; Par pitié pour le fils que doit chérir votre âme, Lui que je vois languir, que vous abandonnez Et que perdront enfin vos refus obstinés.
EMMA.
Cruel ! c'est bien à vous d'affecter des alarmes Sur le sort d'un enfant dont vous causez les larmes ! Vous, qui seul avez fait ses malheurs et les miens Et qui par trahison lui ravîtes ses biens ! Non, ce fils innocent dont vous plaignez la peine, Ne meurt point assez vite au gré de votre haine.
Source : Gallica

A.-P. Algare Chants napoléoniens, poésies nationales… (1863)

Pour voir d'indignes fers charger tes faibles bras ? Eux, qui devaient un jour dans les jeux et les guerres, Porter avec éclat le glaive de tes pères ! A ces pensers, mon coeur succombe à ses tourments.
Sans toi, mes maux et mes misères M'auraient fait au tombeau descendre dès longtemps ; Toi seul m'a retenue, et pourtant c'est ta vue, C'est ton affreux destin qui m'accable et me tue.
ARTHUR.
O ma mère ! Espérons : le ciel qui voit nos pleurs, Aura peut-être enfin pitié de nos malheurs. Quoique dix ans se soient consumés à l'attendre, Mon père peut encor revenir nous défendre.
Source : Gallica

A.-P. Algare Chants napoléoniens, poésies nationales… (1863)

Tel un vieux sanglier qu'a blessé le chasseur, Qui se sentant faiblir, prévoyant sa défaite, Se retire, et se voit le long de sa retraite Assailli par les cris d'une meute en fureur. Le terrible animal, qui contenait sa rage, Pressé par les limiers avides de carnage, Vers ses fiers ennemis se retourne aussitôt. Il rappelle son coeur pour un dernier assaut ; Il hérisse le poil de sa luire effrayante, Fouille en grondant le sol de sa bouche écunuinte, Et choquant de ses dents l'ivoire résonnant, Menace de ses coups le chasseur frémissant. La meute avec effroi s'arrête tout entière.
Source : Gallica

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