Paul Marrot, Le chemin du rire [Toast au soleil… (1881)
“ Et l'homme poursuivit ses folles promenades Par les siècles, fouetté d'un désir immortel, Changeant de dieux, d'encens, de ciel, de colonnades, D'imaginations, de prêtres et d'autel. Si bien que, s'essoufflant à gonfler des chimères, Pour faire un but fictif à l'Univers souffrant, La vieille humanité mit son âme aux enchères, Et, lasse, la vendit au dieu le plus offrant. Aujourd'hui que la foi ne vit plus sous la lettre, Adieu les ciels rêvés, ciels de lit du cercueil, - Et l'homme se désole et ne sait plus où mettre L'âme qu'il s'inventa dans un moment d'orgueil. ”
