Résumé

Paul Marrot Le chemin du rire [Toast au soleil… (1881)

Et l'homme poursuivit ses folles promenades Par les siècles, fouetté d'un désir immortel, Changeant de dieux, d'encens, de ciel, de colonnades, D'imaginations, de prêtres et d'autel.
Si bien que, s'essoufflant à gonfler des chimères, Pour faire un but fictif à l'Univers souffrant, La vieille humanité mit son âme aux enchères, Et, lasse, la vendit au dieu le plus offrant.
Aujourd'hui que la foi ne vit plus sous la lettre, Adieu les ciels rêvés, ciels de lit du cercueil, - Et l'homme se désole et ne sait plus où mettre L'âme qu'il s'inventa dans un moment d'orgueil.
Source : Gallica

Paul Marrot Le chemin du rire [Toast au soleil… (1881)

La nuit, c'est la méchante et louche entremetteuse, La reine des forfaits, la débauche honteuse, D'où l'on sert accablé par ce vague effrayant Et ces étirements nerveux, vers le néant ; Mais, lourds désirs, torpeurs, tout fuit, tout fuit, quand l'aube Pose son pied qui saigne, à l'orient du globe, Et, dans l'explosion des cieux resplendissants, Le grand soleil défait les songes malfaisants.
Les doutes et le spleen qui tiennent, dans leur cangue Mortelle, les enfants de notre siècle exsangue, Encor tristes d'avoir perdu l'éternité, Se dissolvent devant la virile clarté.
Source : Gallica

Paul Marrot Le chemin du rire [Toast au soleil… (1881)

Il ne voit plus la mort qui tire ses rideaux.
Que ton métal chantant sonne un air de victoire, Maîtresse! ton éclair a rajeuni les fronts, Et, dans l'obscurité du siècle où nous souffrons, Luit comme un œil de chat dans une chambre noire.
Quels yeux fascinateurs ! quels fluides puissants Tombent de ce regard fixe qui nous inonde !
Certe, la Nature a, pour décorer le monde, Des trésors de lueurs ; elle a les vers luisants,
Et, dans l'ampleur du ciel, la flamme des étoiles : « Les étoiles là-haut, les vers luisants là-bas » Ces romances te font sourire, n'est-ce pas ?
Source : Gallica

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