Sully Prudhomme,
Œuvres de Sully Prudhomme/Poésies 1872-1878
“ « Demeure, endors ta fougue errante et soucieuse, Endors-la dans mon sein, lui murmure la fleur. Je suis moins qu’on ne croit fière et silencieuse, Et l’été brûle en moi sous ma froide pâleur. « Ton cruel tournoîment m’épuise et m’hallucine, Et j’y sens tout mon cœur en soupirs s’exhaler... Je suis fidèle ; ô toi, qui n’as pas de racine, Pourquoi m’enlaces-tu si tu dois t’en aller ? » - — « Hélas ! lui répond-il, je suis une âme en peine, L’angoisse et le caprice ont même aspect souvent. Vois-tu ce grand nuage ? Attends que mon haleine Ait donné forme et vie à ce chaos mouvant. » ”
