Victor de Laprade,
Poèmes évangéliques
“ Où mille voix d’oiseaux s’éveillent à l’aurore, Et qui chante à la brise, et qui porte en son flanc Un miel pur et secret goutte à goutte coulant. Que la haine jamais, que jamais l’amertume N’enveniment tes flots de leur sanglante écume. Au sarcasme jamais n’ouvre ta bouche d’or ; Qu’en tes vers, blonde gerbe où nul serpent ne dort, La tendre sympathie, ou visible, ou voilée, Comme une fleur du ciel soit toujours recelée. Que ta parole enfin, pour qu’on y croie un jour, Vive par l’harmonie, et surtout par l’amour. Va, fécond par le cœur, va, comme la nature ”
