Victor de Laprade,
Les Symphonies
“ Chaque âme dans mon sein touche à toutes les âmes ; Des bouts du firmament J’assemble et je confonds les plus diverses flammes Dans mon embrasement. L’amour est, sous ma loi, pur de la jalousie Qui l’empoisonne ailleurs ; Il peut, sans rien ôter à l’idole choisie, Se donner à plusieurs. L’illusion si douce, ici-bas, t’est ravie ; Tu vois partout le mal. La mort conservera, mieux que n’a fait la vie, Ton rêve d’idéal. Viens, ô cœur fatigué, qui me craignis naguère, Vois si je te trompais ! Repose-toi ! La vie est l’éternelle guerre, Et moi je suis la paix. ”
