“ L’homme, endurci par moi, dans sa perversité, Pécherait, s’il pouvait, pendant l’éternité : C’est l’éternel esprit d’orgueil, d’indépendance, Qui fait du sombre Enfer l’éternelle souffrance ! La volonté perverse a corrompu la chair ; La volonté perverse éternise l’Enfer !... L’Enfer ! c’est blasphémer, c’est haïr, c’est maudire ; C’est enflammer sa soif aux laves du délire ; C’est dire à tout espoir un désolant adieu ; C’est l’absence d’amour, c’est l’absence de Dieu ! Ah ! pour moi, le bonheur c’est de perdre les âmes ; Oui, les femmes par l’homme, et l’homme par les femmes ! ”
Adrien Rouquette
Résumé
L’Antoniade, anthologie poétique d’Adrien Rouquette publiée en 1860, explore les thèmes de l’âme, du péché, de la solitude et de la quête spirituelle. À travers des vers puissants, l’auteur dénonce l’orgueil humain, l’indifférence religieuse et la décadence morale, tout en célébrant la foi, la prière et le désert comme lieux de purification.
Des entités comme Dieu, l’Enfer ou Christ structurent une réflexion sur la nature humaine et la relation à l’absolu. L’œuvre, marquée par une langue lyrique et une critique sociale, incarne une poésie profondément mystique et engagée.
Citations de L’Antoniade (Adrien Rouquette)
“ L’œil, le cœur et l’esprit se tournent par instinct Vers toi, Père de tous, plus cher que tu n’es craint ; Et moi, pour te parler, en mon pieux délire, J’invoque ici la Muse, et je reprends ma lyre ! Sauvage enfant des bois, fils d’un Monde Nouveau, Adopté par la Muse au sortir du berceau, Abandonnant les champs de la prose vulgaire, J’ose suivre le vol de l’oiseau du tonnerre, Et jeter, plein d’espoir, à travers l’océan, Mon cri de poésie au cœur du Vatican ! Dans ce siècle de prose, oh ! oui, j’ose te dire : La poésie est sainte ! et je reprends ma lyre ! ”
“ Fils d’un héros chrétien et frère d’un poète ; Toi qui portes le nom du plus sublime Ascète, De celui dont l’amour, les mystiques élans, Les soupirs enflammés, s’exhalaient en doux chante ; Toi qui portes le nom du Séraphin d’Assise, Qui de sa poésie illumina l’Église ; Et qui, dans sa ferveur et son humilité, Pour épouse, ici-bas, choisit la Pauvreté : Ô François ! ton grand cœur, ton noble caractère, Est du sang le plus pur la fleur héréditaire ; C’est l’instinct délicat, c’est l’esprit généreux, C’est le trésor sacré transmis par tes ayeux ! ”
