Résumé

Victor Thomas Florilège : le village, Montmartre… (1899)

J'ai blasphémé le Dieu que tu m'appris à craindre, J'ai renié la foi que tu mis en mon cœur, Et je serai demain le sceptique railleur, Qui ne connaît les lois que pour mieux les enfreindre.
Et, malgré tout cela, tu ne m'as pas maudit : Ton âme est un trésor de bonté maternelle, Et, comme au temps où tu l'abritais sous ton aile, Tu l'aimes, ton enfant que le Rêve perdit.
Tu ne m'as pas maudit ; le soir, par la fenêtre, Tu regardes au loin si je ne reviens pas : Au moindre bruit tu crois reconnaître mes pas ; Messœursdisent: « Jamais! »
Source : Gallica

Victor Thomas Florilège : le village, Montmartre… (1899)

Elle n'eût pas connu cette tristesse amère Qui l'accable le long des jours, le long des nuits, Et qui fait que l'amour lui semble une chimère ;
Car l'amour seul a pu causer tous ses ennuis : Elle fut entraînée un soir au clair de lune Dans un chemin bordé de bruyère et de buis ;
Au loin les rossignols chantaient dans la nuit brune, Et les fleurs des guérets et les flcursdes taillis Mêlaient leurs frais parfums aux brises de la dune.
Oh ! les baisers menteurs et les serments trahis !.
Un mois après, le cœur plein de mélancolie, La pauvre enfant quittait pour jamais son pays.
Source : Gallica

Victor Thomas Florilège : le village, Montmartre… (1899)

Plus douce que celle du vent, Elle fait frissonner la mousse, Dans les bois où je vais rêvant.
La chanson de la brise est tendre, Tendre comme un refrain d'amour, Et par la lande, chaque jour, Je reste pensif à l'entendre Baiser les arbres d'alentour.
La chanson de la brise est lente, Lente comme de longs sanglots ; Et par moments, au bord des flots, On prendrait cette voix dolente Pour des soupirs de matelots.
La chanson de la brise est pure, Pure comme un premier baiser ; Plus d'un cœur bat à se briser Quand son mélodieux murmure Vers le soir revient nous griser.
Source : Gallica

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