Résumé

A Raulet Souvenirs de guerre (1914-1916… (1918)

La Muse qui les guide est un fragile oiseau !
Capricieuse et folle, aimante mais fidèle, Elle vole sans but, sous un ciel toujours beau, Emportant son poète à l'abri de son aile.
Une femme, une fleur, un rien peut l'arrêter.
Un sourire l'émeut ! Un pleur la rend morose.
Elle s'enivre et meurt d'un bonheur regretté Comme le papillon meurt d'un parfum de rose.
La Muse, voyez-vous, ce n'est pas un joujou !
Et la main étrangère, en l'effleurant, la brise.
Le poète la veille et la garde, jaloux : C'est près d'elle, en rêvant au passé, qu'il se grise.
Source : Gallica

A Raulet Souvenirs de guerre (1914-1916… (1918)

Rêvez aussi, soldats, à vos pères trop vieux Qui, de ne point servir, ont les larmes aux yeux.
Comme vous, autrefois, ils ont servi la France.
Aussi, le cœur chargé de joie et d'espérance, Ils suivent vos exploits, enviant votre sort, Ne songeant qu'au pays, oubliant que la mort Plane au-dessus de vous, sur les champs de bataille.
Ils savent seulement qu'un Français est de taille A se battre en héros, à vaincre l'ennemi !
Et les vieux font cadeau de leurs fils au pays!
Petits soldats français qui vous battez sans trève Pour la grande Patrie, encor faites un rêve !
Source : Gallica

A Raulet Souvenirs de guerre (1914-1916… (1918)

Bois-le-Prêtre, le 12 octobre 1915.
Quo vadis, coi meum ?
Peut-on jamais savoir où le cœur nous conduit Et s'il ne nous fait pas commettre une folie ?
Peut-on jamais savoir si la raison le suit Et lui fait éviter le malheur d'une vie ?
Un amour éternel né d'un simple regard Peut entraîner le cœur vers de l'Irréparable On fait des rêves fous, et l'on songe trop tard Que les serments donnés vous font inséparables !
On s'alourdit le cœur d'un pesant souvenir!
On chante, on est joyeux, quand l'Amour vient d'éclore, Mais que de pleurs, un jour, quand on le sent finir!
Source : Gallica

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