Albert Londres

Albert Londres

Résumé

Portrait de Albert Londres Albert Londres L’Âme qui vibre

Mais c’est faux !
Mais c’est faux ! car les morts n’auront jamais de fête !
Car c’est vous, les vivants, qui la leur avez faite,
Afin de vous offrir un passe-temps nouveau !
Mais pourquoi donc, mon Dieu ! dépenser tant de vie !
Que m’importe, après tout, ce que font les vivants ?
Puisque je n’irai pas, ce jour, grossir leurs rangs,
Puisque je resterai dans ma chambre garnie.
Et puis, pour la revoir, ai-je besoin, d’ailleurs,
D’aller au cimetière ou d’attendre une fête ?
A-t-elle été pour rien l’amante d’un poète ?
Et n’est-elle enterrée au caveau de mon cœur ?
Source : Wikisource

Portrait de Albert Londres Albert Londres L’Âme qui vibre (1908)

Ma lettre me fera sans doute coucher tard, Car, lorsqu'en écrivant mon âme s'interroge, Je ne regarde pas la marche de l'horloge.
Si je vous avertis, mère, c'est que je crains Que mon cœur, une fois parti, n'ait plus de freins.
Donc, depuis que mon âme à vous s'est confessée, La cendre du passé d'un an s'est entassée.
C'est ce mont que, ce soir, nous tenant par la main, Nous allons parcourir sans guide et sans chemin.
Qu'avons-nous bien laissé sur ce mont là nous autres ?
De mon côté, je crois, comme d'ailleurs du vôtre,
Nous ne trouverons pas la trace d'un bonheur.
Source : Gallica

Portrait de Albert Londres Albert Londres L’Âme qui vibre (1908)

Je ne suis qu'un pêcheur, Mes sœurs, Et j'ai suivi votre chemin.
Vous avez traversé la foule Sans qu'un besoin d'en être à vos yeux eût parlé.
Sans que vos mains Eussent quitté le chapelet Où, pour nous, l'indulgence coule.
Vous avez croisé sans savoir La rebelle aux voix du Seigneur : L'impure.
Et l'impure a ri de vous voir, Mes sœurs.
Mais votre âme, qui tout endure, A prié pour ces femmes-là : « Ave Maria, gratia plena. »
Et j'ai rebroussé mon chemin A la porte de la chapelle, Mon pauvre cœur tout barbouillé.
Si je ne suis allé moi-même à la chapelle.
Source : Gallica

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