Georges Rodenbach

Georges Rodenbach

Résumé

Portrait de Georges Rodenbach Georges Rodenbach,  Le Règne du silence

“ Et trouve un air étrange à l’ambiance entière :
Ainsi le soleil luit ; pourtant voilà qu’il pleut !
Et ces oiseaux, là-bas, volant devant les portes,
Qui font des croix avec l’ombre de leurs vols noirs !
Le parfum qu’on croyait latent dans les mouchoirs
Hante comme un retour de l’âme des fleurs mortes...
Tout devient nostalgique et commémoratif ;
Le jet d’eau raccourci prend la forme d’un if ;
La fumée, au-dessus du douteux paysage,
Doucement se déroule en langoureux tissu
Où menace, dans l’air, un texte entr’aperçu,
Et, dans la lune pâle, on a peur d’un visage.
”
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Portrait de Georges Rodenbach Georges Rodenbach,  Le Règne du silence

“ Songeur, dans de beaux rêves t’absorbant,
La pendule, à l’heure où seul tu médites,
T’afflige avec ses bruits froids, stalactites
Du temps qui s’égoutte et pleure en tombant.
C’est une eau qui filtre en petites chutes
Et soudain se glace aux parois du cœur ;
Et cela produit toute une langueur
L’émiettement de l’heure en minutes.
Collier monotone et désenfilé
De qui chaque perle est pareille et noire,
Roulant parmi la chambre sans mémoire ;
Piqûres du temps ; tic-tac faufilé.
Ah ! qu’elle s’arrête un peu, la pendule !
Toujours l’araignée invisible court
Dans le grand silence, avec un bruit sourd...
”
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Portrait de Georges Rodenbach Georges Rodenbach,  Le Règne du silence

“ Si tristes les vieux quais bordés d’acacias !
Pourtant, toi qui passais, tu les apprécias
Ces vieux quais où tel beau cygne de l’eau changeante
Entre parfois dans une âme qui s’en argente.
Si tristes les vieux quais, les eaux pleines d’adieux,
Inertes comme les bandeaux silencieux
D’une morte ! Les eaux sur qui pleure une cloche,
Les immobiles eaux sur qui le carillon
Égoutte ses sons froids comme d’un goupillon.
Et plus tristes les quais lorsque l’hiver approche !
En mai, quand le ciel rit, on s’était essayé
À mettre de la joie aux vitres des demeures,
— Tendant de rideaux blancs le passage des heures —
”
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