Georges Rodenbach,
Le Règne du silence
“ Et trouve un air étrange à l’ambiance entière : Ainsi le soleil luit ; pourtant voilà qu’il pleut ! Et ces oiseaux, là-bas, volant devant les portes, Qui font des croix avec l’ombre de leurs vols noirs ! Le parfum qu’on croyait latent dans les mouchoirs Hante comme un retour de l’âme des fleurs mortes... Tout devient nostalgique et commémoratif ; Le jet d’eau raccourci prend la forme d’un if ; La fumée, au-dessus du douteux paysage, Doucement se déroule en langoureux tissu Où menace, dans l’air, un texte entr’aperçu, Et, dans la lune pâle, on a peur d’un visage. ”
