Marthe de Libermont

Résumé

Marthe de Libermont Au loin, 1914-1916 (1916)

L'Aurore ce matin vêtue de nuées roses, Essaye déjà sa robe d'apothéose, La montagne frissonne sous un vent d'orgueil Qui dissout dans l'éther les nuages de deuil, Et le soleil dont ma patrie s'embrase toute, A l'Aube comme du sang tombe goutte à goutte.
Sur un coursier divin que rien ne retiendra France ! tu vas monter si Haut que tu voudras ; Symbole d'Harmonie !
Tu défends l'Univers en défendant ta vie ; Ta gloire au firmament jette un éclat si pur, Qu'elle fait baisser même les yeux de l'azur.
A l'horizon ruisselle
La première clarté D'où va naître l'universelle Liberté.
Source : Gallica

Marthe de Libermont Au loin, 1914-1916 (1916)

Sur les arbres dorés, le feuillage roussi Tressaille doucement dans l'éther adouci, Et le ciel parsemé de fleurs incandescentes, A transformé l'azur en une plaine ardente ; Cependant vous n'aurez été, Sur le visage Du paysage Qu'un mirage
0 clartés !
La Nature est parfois trop férocement belle, Puisque sa vue pour nous ne peut être éternelle.
XV
8 novembre.
A cette heure le ciel vermeil, Que la mort lente du Soleil D'un peu de tristesse environne, Pose encor ses reflets sur les jonchées d'automne.
Source : Gallica

Marthe de Libermont Au loin, 1914-1916 (1916)

Tu diamantes de reflets L'Hiver éclatant des sommets, Et les plaines blanchies par la neige nouvelle, Ne sont plus sous tes feux que des prés d'étincelles ; La Nature au Printemps, dans l'éther de cristal Frémit sous ton baiser d'un frisson végétal, C'est toi ! qui fais mûrir l'Eté le long des treilles, Dans un éclatement de rubis : les groseilles, Et si la nature est encor
Superbe aux jours plus monotones, C'est que tu mêles tout ton or, Aux couleurs tristes de l'Automne.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature