Joseph Pomès

Résumé

Joseph Pomès Le legs de la flûte : poèmes (1925)

Ma mère, je suis presqu'heureux que tu sois morte ; Tu ne souffriras pas de perdre ton enfant !
RENÉ
Le bruit s'éteint, je suis près de toi et je t'aime.
LOUIS
A cette heure — et pour quel incroyable baptême ! — Elles doivent sonner, les cloches de Campan! Bientôt, tu reverras la Bigorre natale.
En mon nom, salue-la, redis lui mon amour.
Elle est belle ; de loin, aux premiers feux du jour, On dirait une rose et sereine vestale Reposant sur un lit de sauge et d'aconit.
Le Rêve et l'Idéal l'encensent ; le granit
A ses pieds fait chanter les eaux miraculeuses.
Source : Gallica

Joseph Pomès Le legs de la flûte : poèmes (1925)

De l' azur flotte et le soleil qui luit Fait pétiller la neige cristalline.
Elle étincelle aux chemins du village En innombrables étoiles d'argent,
Et, sur les toits d'ardoise s'allégeant, Essaie une sourde rumeur d'orage.
Elle choit des sapins tristes et las Qui la balançaient au bout de leurs bras Comme de lourdes mains exténuées ;
Tandis qu'un rouge-gorge frémissant Hasarde un cantique reconnaissant A la lumière où fondent les nuées.
MATIN DE FÉVRIER
Les bosquets de bouleaux sont comme un brouillard rose D'argent strié.
A la sèche raideur du net genévrier,
Leur fluidité s'oppose.
Source : Gallica

Joseph Pomès Le legs de la flûte : poèmes (1925)

Sèche et mûre, déjà, la fleur des tilleuls blonds Tombe en tourbillonnant et quelquefois se pose Sur mes doigts parcourus de coccinelles roses. Des saules de la berge, il neige des flocons Nonchalants qui s'en vont perdre ma rêverie Vers des maïs luisants et de jaunes prairies.
Ici, la nostalgie ardente de l'Été
S'apaise et l'ennui presque est une volupté.
Ces roseaux, ce barrage et cette passerelle Sont plus chers à mes yeux depuis que l'aquarelle D'un peintre du pays pensif de Fromentin Naguère m'en montra l'aspect pyrénéen :
L'art est le rêve humain traduit par la nature.
Source : Gallica

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