Jean Le Guillou

Résumé

Jean Le Guillou Songes d'Armor (1899)

Je veux, pour charmer sa détresse, Que son espoir défunt renaisse, Mon amour séchera ses pleurs.
Quand au bois mollira l'écorce, Couché sur le velours des fleurs, Je te le rendrai plein de force.
Femme, qui côtoyez l'automne, Je veux vous aimer, oui, je veux, Reine de mon coeur, reine bonne, Vous rajeunir de mes aveux.
Accueillez mon encens de page Non pas comme une charité, Mais comme un délicat hommage Au sexe ardent de la beauté.
Et croyez de toute votre âme
A la ferveur de mon amour,
Mon coeur est un feu qui s'enflamme
Et brûle souvent nuit et jour.
Source : Gallica

Jean Le Guillou Songes d'Armor (1899)

La mer aux yeux mourants vient baiser le rivage ; Elle est tendre et câline en ce déclin du jour ; Je ne reconnais pas le flot rude et sauvage Dans ce flot qui se pâme en des langueurs d'amour.
L'écume, sur les bords, la brode de dentelle ; Elle orne son manteau princier, soveux et vert : Mais craignons-la, fuyons, la mer est infidèle Comme l'être félin dont mon coeur a souffert.
Fuyons son attirance et sa voix de sirène ; Fuyons ses doux appels et son regard menteur ; Fuyons son attitude indolente et sereine ; Fuyons son rire faux, son charme et sa lenteur.
Source : Gallica

Jean Le Guillou Songes d'Armor (1899)

La mer scintille au large et son chant est joyeux. J'aimerais vivre ici loin du bruit et du monde, Pensif et reposé sous la voûte profonde, Avec des souvenirs plein le coeur et les veux.
Une mouette vole au-dessus de ma tête Et ses cris répétés semblent me faire fête. Une voile, là-bas, contourne les îlots...
La solitude est bonne et suscite le rêve : Tout le jour je n'ai vu, le long de cette grève, Que l'infini du ciel et l'infini des flots.
Source : Gallica

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