Résumé

Charles Des Guerrois Le poème de la cathédrale : octante et sept sonnets (1895)

L'ombre comme le plomb lourde à notre paupière, Ne laisse soupçonner que la main justicière Traçant sur le mur noir le mot du jugement.
Les ténèbres en nous ont un gémissement.
— Du côté du levant éclate la verrière, Et notre œil, inondé du flot de la lumière, S'ouvre sur un Éden au ciel de diamant.
Voûte aux astres bénis, coupole de mystère, Enveloppement d'or à notre froide terre, Porte du paradis par delà deviné.
Tout est beau par delà : la lumière a des ailes, Pour nous porter, Éden, vers tes fleurs immortelles : L'homme triste, peut-être en vain n'est-il pas né.
Source : Gallica

Charles Des Guerrois Le poème de la cathédrale : octante et sept sonnets (1895)

L'âme est le pur rayon d'inquiète beauté.
7 août 1894.
LVII
Gronde comme la mer, ô vieille cathédrale, Quand l'orgue que remplit un souffle mugissant Du son prodigieux qui monte, grandissant Ou s'atténue en brise, imite la rafale.
Gronde comme la mer, la puissance inégale Qui porte, tourbillon, l'albatros frémissant, Ou porte l'alcyon sur la vague glissant : Pousse le cri de l'aigle ou sois chant de cigale.
Nous sommes dans le rêve, aigle ou doux alcyon, Terrifiés, joyeux, le front sous le rayon, Emportés dans la nuit du foudroyant nuage.
Source : Gallica

Charles Des Guerrois Le poème de la cathédrale : octante et sept sonnets (1895)

Le manteau de la nuit tombe sur le pavé, Et la terreur descend devant elle, avec elle, Avec la lourde nuit dont on sent passer l'aile Comme sur une mer un vent qui s'est levé.
Sans penser, sans savoir, l'esprit est captivé, Celui qui se soumet comme aussi le rebelle; Chaque âme entend de loin une voix qui l'appelle : Ce qu'ébauche le jour par l'ombre est achevé.
A travers cette nuit, ce vaporeux nuage, L'œil a sa vision sur l'éternel rivage; Un vol nous a portés sur le seuil d'un palais.
Source : Gallica

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