Charles Des Guerrois

Depuis (1898)

Résumé

Charles Des Guerrois,  Depuis (1898)

“ Je sens au fond de moi que ma joue en est blême, Plus que le monde en fleurs l'abîme est attirant.
L'abîme est grand ouvert et l'abîme me prend. Et pourtant, n'être plus, mourir à ce qu'on aime, C'est mettre le signet, c'est clore le poème, C'est écarter ses pas de l'ouvrage qu'on rend.
M'anéantir, en moi c'est l'anéantir, Elle, C'est lui faire une mort entre toutes cruelle, C'est lui dire, insensé : Meurs encore une fois.
Et vivre cependant, comment faire, ô ma vie ? Comment renouveler l'âme, le sang, la voix ? La source de la vie est toute évanouie.
”
Source : Gallica

Charles Des Guerrois,  Depuis (1898)

“ L'hiver pour de longs mois sur Elle a dû sévir : Elle ne verra pas la nature en prodige ;
Elle ne verra pas les lys s'épanouir,
Ses beaux lys couleur d'or ou de neige, prestige
Du printemps odorant. Brises, venez ravir
Les parfums non cueillis qu'en pleurant je collige :
Portez-les vers le lieu de son repos dernier, Ces parfums qu'Elle aima d'un amour familier ; Dites-lui, dites-lui que je suis avec Elle,
Que l'ombre est sur mes jours, la plainte dans mes nuits, Qu'à toute chose hors Sa voix je suis rebelle, Que vers son grand secours de l'au-delà je fuis.
”
Source : Gallica

Charles Des Guerrois,  Depuis (1898)

“ Ton coeur aux battements de pur amour s'arrête ; La mort qui brise tout met fin à cette fête ; Ne pouvant dénouer, elle rompt le lien.
Comme un épi de blé que roule la tempête Mon trésor se disperse, il a péri, mon bien ; Ton coeur cesse de battre en pâlissant ta tête : Oh ! que le battement s'arrêtât dans le mien !
Mon coeur pour adorer n'a plus son sanctuaire, Et mon coeur bat encor ; le sang à l'estuaire Coule précipité, plus pauvre, non tari.
Combien de lendemains embrumeront l'aurore ? Combien de soirs navrés répondront à mon cri ? — Son grand coeur ne bat plus et le mien bat encore.
”
Source : Gallica

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