Résumé

Raoul Rebour Les cloches païennes : poèmes (1928)

Non, rien que le décor : la demi-sphère bleue où puissamment se risque l'étoile des midis, qui n'est qu'un grand œil d 'or, et, là-dessous, immense et clapotant, un disque,
le cercle dont serait étreint le naufragé tenclant son effort vers un rivage d'argile,
le paysage, fort en bas, là-haut léger,
d' un désert mort où meurt la chanson de Virgile.
Car tout est limité. La Terre n'est qu'un nid dans un arbre, un nuage au vent. Et la Nature jette un voile, si fin soit-il, sur l'infini et met un horizon aux pays d'aventure.
Source : Gallica

Raoul Rebour Les cloches païennes : poèmes (1928)

L'Eté meurt. Il a pris son plus pâle visage. Chancelant, bousculé par des poings de géant,
je devine, je vois dans l'eau de ce nuage la présence du flot, le bond de l'Océan.
Le bois, derrière moi, au vieux sol se cramponne, s'enivre de sa sève et mendie un rayon.
Les gammes des oiseaux mal éveillés frissonnent, et mes doigts engourdis tiennent mal le crayon.
Ici l'âme en vibrant se perd et se retrouve.
Le temple meut sa porte et je suis sur le seuil. Antithèse, harmonie et miracle! J'éprouve du nain l'humilité et du prêtre l'orgueil.
Source : Gallica

Raoul Rebour Les cloches païennes : poèmes (1928)

Sur moi un Soleil d'été sème chaleur et clarté.
Cette automne est fraternelle. Au vert qui régnait en août Octobre mêle du roux.
Installé sous la tonnelle de la terrasse, j'écris.
J'ai le grand air, j'ai Paris. Les rimes vierges s'enlacent tout comme pour un bal blanc de village, sur la place.
Est-il besoin de talent ?
En la maison délaissée sonne l'heure de métal. Flèurissez, mots et pensées!
Le ciel est un bleu cristal Mitsou, jeune chat, s'étire. La nymphe aime le satyre
dans les bois mi-dépouillés et dans les sous-bois mouillés qui sur des collines glissent.
Source : Gallica

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