Émile Trolliet, La route fraternelle
“ Au poète Achille Paysant. Quand je naquis, agreste enfant du Dauphiné, Messidor rayonnait dans l’immense nature, Comme pour m’inviter à la moisson future... J’ai plus de quarante ans et n’ai rien moissonné ! ”
Le mois de messidor, dixième mois du calendrier républicain français, s’étendait du 19 juin au 18 juillet selon le calendrier grégorien. Dérivé du latin messis (« moisson ») et du grec doron (« don »), il représentait l’abondance agricole.
Victor Hugo évoque sa « plaine [qui] est un gouffre d’or » dans Les Chansons des rues et des bois, tandis que Jules Michelet l’utilise comme arrière-plan de résistance historique. Bien que disparu en 1806, ce mois demeure ancré dans la culture française grâce à ses liens avec les autres mois du calendrier républicain.
Émile Trolliet, La route fraternelle
“ Au poète Achille Paysant. Quand je naquis, agreste enfant du Dauphiné, Messidor rayonnait dans l’immense nature, Comme pour m’inviter à la moisson future... J’ai plus de quarante ans et n’ai rien moissonné ! ”
Jules Claretie,
Une femme de proie : scènes de la vie parisienne
“ Elle eût voulu le conserver, mais y juxtaposer quelque roman nouveau, et de nouvelles émotions dont elle avait soif. Parfois aussi, comme dans le souper chez Antonia, elle sentait se réveiller en elle sa passion pour Terral. Mais cela durait peu. Elle songeait ensuite et rêvait;—si le Désir peut s'appeler le Rêve! Tout Paris connaît Messidor. C'est un petit homme maigre, couturé par la petite vérole, la figure en lame de couteau, mais les yeux pleins de poudre et la voix vibrante. ”
Sainte-Croix de La Roncière, Joséphine, impératrice des Français… (1934)
“ JOSÉPHINE. Le 15 Messidor, la joie emplit la capitale et l'enthousiasme de la population est à son comble. Le vainqueur de Marengo et de Hohenlinden est arrivé dans la nuit aux Tuileries. Tout le long du chemin du retour à Milan, à Lyon, à Dijon, ce furent des vivats continuels ; les citadins, les campagnards formaient la haie pour voir le héros ; les femmes jetaient devant son cheval des branches de myrthe et de lauriers ; on se bousculait au risque de se faire écraser par l'escorte du général, pour avoir une vision du « petit caporal » qui emplissait toutes les imaginations. ”