Paul de Musset

Paul de Musset

Résumé

Portrait de Paul de Musset Paul de Musset Course en voiturin

Toute le monde a des défauts ; celui du Sicilien est la jalousie. Cette sombre passion plane sur l’île entière comme un oiseau sinistre. Les villes se portent envie entre elles ; Messine est jalouse de Palerme, Catane est jalouse de Messine, Syracuse est jalouse de Noto. Palerme, plus belle, plus riche et plus lumineuse que toutes les autres, s’abaisse encore à la jalousie. Les hommes de talent, qui auraient tant besoin de s’unir pour briser le cercle qui les renferme et rappeler sur leur pays oublié l’attention dont il est digne, s’isolent et se nuisent réciproquement.
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Leur turbulence cache une raison profonde. Tandis que nous nous agitons à poursuivre un bonheur qui nous tourne le dos, le Napolitain est heureux par lui-même. Au lieu de se créer des besoins factices, il jouit du peu qu’il a. Le ciel lui a fait les dons les plus précieux : la bonne humeur, sans laquelle César envie le sort d’un portefaix, la sobriété, source du bien-être et des bonnes sensations, et la résignation, qui est la sobriété de l’âme.
Rien n’est divertissant comme l’humeur démonstrative du Napolitain. Il parle autant avec ses mains et tout son corps qu’avec sa langue.
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À la Villa-Reale, où, dans les jours calmes, la Méditerranée étendait mollement les longs plis de son manteau, en produisant le bruit traînant d’une fusée volante, des lames furieuses envoyaient leur écume au visage des promeneurs, c’est-à-dire du seul promeneur qui passât sous les arbres dans ce moment de désolation. Ce n’était plus la baie de Naples de tous les jours ; ce lieu dont on n’a vanté que les douceurs n’est pas moins sublime à l’heure où la nature s’irrite que dans les instants où elle s’épanouit.
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