René Bazin

René Bazin

Résumé

Portrait de René Bazin René Bazin Sicile : croquis italiens (1904)

Et, par-dessous, la Sicile nous apparait, non pas tout entière comme nous l'eussions vue de là-haut, mais sous un angle large et avec la même magie de couleurs. Car c'est l'heure unique pour de tels paysages. Le soleil se lève. Toutes les montagnes de la base de l'Etna, fondues et perdues la veille dans la brume du jour, toutes les collines emmêlées qui couvrent l'ile de leur réseau, se dressent en relief, et versent du môme côté leur dentelle d'ombre lilas. Les plus lointaines ressemblent aux veines d'une fleur d'iris. Elles plongent dans la mer qui est d'or.
Source : Gallica

Portrait de René Bazin René Bazin Sicile : croquis italiens (1904)

Quand vous traversez Naples, ne vous contentez pas de la rue de Tolède, de la place du Plébiscite et de la dviera di Chiaja. Prenez le bras d'un ami, et faites-vous conduire dans les quartien pauvres,
autour de la via dei Mercanti, ou de la Vicaria, de l'autre côté de ces façades encore passables des quais, le long de la mer, là où les ruelles sont si étroites qu'une voiture ne peut s'y engager, si obscures que la nuit y tombe longtemps avant la fin du jour, si malpropres qu'on a peine à éviter les tas d'ordures, jamais enlevées, pourrissant aux deux côtés du ruisseau.
Source : Gallica

Portrait de René Bazin René Bazin Sicile : croquis italiens (1904)

Dans le vin du Rhin, dans les vins de France et de la haute Italie, se cache un petit dieu charmant, facétieux, caressant, un jeune Bacchus allègre, qui cause volontiers, et rit, et chante, et aime. En vain le chercheriez-vous dans le vin noir et écumeux de Sicile. Le dieu qui se cache là est un Bacchus plus mûr et plus vieux, pour qui la joie, la chanson et l'amour ne sont plus que des souvenirs; c'est un dieu paresseux, disposé à la mélancolie, qui, tout à coup, se met en fureur et se lance avec frénésie contre ses ennemis.
Source : Gallica

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