Gabriel Ferry,
Le Coureur des bois
“ En proférant ces paroles d’un ton de profonde mélancolie, Bois-Rosé souleva doucement la tête du jeune homme, que ce mouvement ne réveilla pas, l’appuya sur ses genoux et s’interposa entre les rayons de la lune et les yeux fermés de Fabian. Au-dessus d’eux, le ciel resplendissait d’étoiles. Pendant trente ans de sa vie de matelot et de chasseur, le Canadien n’avait jamais contemplé sans émotion cette immensité mobile, où chaque étincelle est un monde, où tant de millions de mondes, lancés par la main du Créateur, se meuvent dans l’espace sans jamais se heurter. ”

