Gabriel Ferry

Gabriel Ferry

Résumé

Portrait de Gabriel Ferry Gabriel Ferry Revue des Deux Mondes

Le héron blanc, l’oiseau de la solitude, se tient immobile le long de ces cours d’eau, où le daim, qui vient d’échapper haletant au loup des prairies, court rafraîchir ses flancs baignés de sueur, où le cheval sauvage, l’œil inquiet, les naseaux fumans, vient étancher sa soif. Plus loin, ce sont d’immenses solitudes dont le vent courbe les hautes herbes et que sillonnent les bisons effrayés ou les rapides coursiers des éclaireurs indiens.
Cependant la marche se continue à travers mille obstacles. Carlos le Mexicain est devenu le guide de la caravane.
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Portrait de Gabriel Ferry Gabriel Ferry Revue des Deux Mondes

Peu à peu nous perdîmes de vue les clochers de Saint-Louis, et quand le soleil se coucha devant nous, nous ne voyions déjà plus, aux quatre coins de l’horizon, que les immenses ondulations des prairies.
Je n’oublierai jamais le tableau pittoresque qu’offrait notre premier campement lorsqu’à la tombée de la nuit la caravane eut fait halte. La lueur des feux allumés dans l’enceinte formée par les chariots éclairait un pêle-mêle d’hommes et de chevaux, de costumes bizarres, d’armes en faisceaux, de longues guirlandes de poires à poudre et de gibecières suspendues aux buissons.
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Portrait de Gabriel Ferry Gabriel Ferry Revue des Deux Mondes

Si, du milieu de la plaine inhabitée qui attend une ville, derrière une colline ou derrière un bouquet d’arbres s’élève quelque fumée vagabonde, cette colonne bleuâtre, doucement balancée par la brise, n’annonce point une locomotive, mais le foyer d’une troupe d’Indiens chasseurs ou de trappeurs américains qui font halte dans les solitudes. Là, plus de phares la nuit pour guider les navires à travers les écueils de l’Océan, mais parfois un rayon furtif de la lune qui verse ses lueurs bleuâtres sur l’un des pics neigeux de la Sierra-Nevada.
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