Paul Bonnetain,
L'Opium
(1886)
“ Dès les premières bouffées, une joie l'inondait d'extase. Enfin il la tenait la chimère poursuivie! Il s'envolait enfin, hors du réel sur les nuages bleus de l'odorant opium ! Il rêvait !... Son rêve d'abord resta vague, flottant, très doux, comme une promenade en ballon, la nuit au-dessus d'une ville endormie dans les ténèbres. Puis, la lune se leva, et le ciel se piqua d'étoiles qu'il sentit tangibles, proches de son vouloir ; ce lui fut une jouissance déraisonnée, qui le grisa comme un alcool. Soudain, tout s'effaça, se fondit dans une hallucination sans causes... ”

