Paul Bonnetain,
Au large
(1888)
“ La lune avait quitté la montagne et, dégagée, courait aussi, impuissante à le rejoindre. En abandonnant le plat-bord pour s'asseoir, Georges Le Teil aperçut madame d'Hénoy qui, comme lui, regardait l'eau à présent illuminée de toutes parts. — Quelle splendide nuit, madame! s'écria-t-il inconsciemment. — Oui ! fit-elle. Alors, sans plus se parler, ils s'installèrent à quelques pas l'un de l'autre. Nulle timidité n'était entre eux, seulement se rapprocher c'eût été se gêner pour s'allonger à l'aise sur les cambrures des chaises-longues, et causer ne tentait pas leur torpeur bienheureuse. ”
