Paul Bonnetain

Paul Bonnetain

Au large (1888)

Résumé

Portrait de Paul Bonnetain Paul Bonnetain,  Au large (1888)

“ La lune avait quitté la montagne et, dégagée, courait aussi, impuissante à le rejoindre.
En abandonnant le plat-bord pour s'asseoir, Georges Le Teil aperçut madame d'Hénoy qui, comme lui, regardait l'eau à présent illuminée de toutes parts.
— Quelle splendide nuit, madame! s'écria-t-il inconsciemment.
— Oui ! fit-elle.
Alors, sans plus se parler, ils s'installèrent à quelques pas l'un de l'autre. Nulle timidité n'était entre eux, seulement se rapprocher c'eût été se gêner pour s'allonger à l'aise sur les cambrures des chaises-longues, et causer ne tentait pas leur torpeur bienheureuse.
”
Source : Gallica

Portrait de Paul Bonnetain Paul Bonnetain,  Au large (1888)

“ Des brises passent, fraîches d'un parfum de sel, ou tièdes de paresse.
Mais sous le soleil, sous la lune, dans les géné- reuses lumières et les clartés subtiles, une tête de femme se détache toujours sur ce fond d'azur. Et c'est madame d'Hénoy qui sourit à ses rêves épars sur les flots, c'est Madeleine qui se nimbe, pâle et triste, avec ses souvenirs.
Alors, il lui sourit aussi, le cœur mollement ému. Vague comme cette mer où s'éteignent regrets et désirs, une tendresse gonfle sa lèvre, et, longtemps, il savoure la vision de son rêve avec une douceur pareille à de la mélancolie.
”
Source : Gallica

Portrait de Paul Bonnetain Paul Bonnetain,  Au large (1888)

“ Les haubans susurraient, pincés parla brise.
Mais verte, grise ou bleue, méchante ou endor-
mie, la mer était toujours précieuse à Georges.
Tandis que madame d'Hénoy sommeillait, plus pâle, il laissait s'écouler les heures en molles flâne- ries. Il comptait les moutons de la plaine, les blanches toisons d'écume dont les lames se couronnaient jusqu'à l'horizon, et il ne rêvait même pas dans cette jouissance du renoncement qui sort de la contemplation des immensités. La monotonie de l'eau, du ron-ron de l'hélice lui entrait au cœur avec une douceur tendre, une reposante volupté.
”
Source : Gallica

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