Charles Aubert

Résumé

Charles Aubert Les nouvelles amoureuses (1891)

Je m'abandonnai à cette double ivresse.
— Oh que c'est donc bon ! s'écria Hortense ravie.
— En effet, ajoutai-je, ce vin vous chatouille le cœur comme une douce pluie de baisers.
Et comme la jeune femme allongeait le bout de sa langue rose vers une dernière goutte qui brillait au bord du cristal :
— Encore un verre, dis-je.
— Ainsi, vous allez vous marier?
— Hélas!... c'est mon père qui le veut.
— Pauvre monsieur Raoul.
— C'est bien triste de se marier sans amour.
— A qui le dites-vous?
— C'est vrai... Vous ne devez pas être très heureuse avec Vezouille.
Source : Gallica

Charles Aubert Les nouvelles amoureuses (1891)

« Via une petite dame qu'a une envie, pour sûr ! »
La jeune femme, qui avait essayé d'imiter la grosse
voix de la marchande, acheva sa phrase avec un fol éclat de rire.
Puis, s'étant versé un grand verre d'eau, elle en but la moitié et me tendit le reste :
— Buvez, dit-elle, buvez !
Je vidai le verre d'un seul trait, et je fus pris d'un tel éblouissement que j'enlaçai la taille de la désirable femme.
— Qu'avez-vous donc? me demanda-t-elle, tout
envahie elle môme de la voluptueuse appréhension qui me faisait battre le cœur d'une façon désordonnée.
Source : Gallica

Charles Aubert Les nouvelles amoureuses (1891)

Ce ne fut guère que lorsque le bleu matin vint se montrer à la fenêtre, que le cruel espiègle, satisfait de sa vengeance, s'envola avec un frou-frou d'ailes qui ressemblait à un rire.
Dès que les petits oiseaux eurent commencé leur babillage amoureux autour du château, la marquise se jeta à bas de son lit, sonna sa femme de chambre et réalisa une de ses toilettes belliqueuses dont les coquettes ont le secret.
Jamais elle n'avait déployé autant d'art pour rehausser sa beauté et sa fraîcheur; aussi, lorsqu'elle
se présenta devant Adrien, ce dernier eut-il dans les yeux un éclair d'admiration.
Source : Gallica

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