Maurice de Souillac

Résumé

Maurice de Souillac Zé'Boïm : étude de moeurs (1887)

Mon Dieu ! il n'y a pas de quoi en être fière ; mais je vous connais bien, moi, Madame la comtesse de Terville.
Hélène, confuse d'être reconnue, malgré son déguisement masculin, rougit jusqu'aux oreilles. L'autre continua :
— Et vous aussi, Madame la comtesse, vous me connaissez bien, j'en suis sûre ; regardez plutôt.
La jeune femme releva l'épaisse voilette qui lui couvrait la figure : elle était horriblement pâle.
— Cécile ! s'écria Madeleine, suffoquée par l'émotion, à la vue de cette femme menaçante, en qui, vision fatale, elle venait de reconnaître, tout à coup, sa cousine.
Source : Gallica

Maurice de Souillac Zé'Boïm : étude de moeurs (1887)

Et ce rêve le hantait peut-être — est-ce que tous n'en ont pas à tout âge, des rêves ? — qu'un jour cette femme, qui lui souriait de l'éternelle séduction de ses lèvres, de sa chair, descendrait de son cadre d'or, pour venir le baiser en lui disant, vaincue enfin, ces mots désirés, depuis si longtemps attendus : Je t'aime !
Il s'était levé ; le regard tendu sur ce portrait sans vie, où vivait l'implacable, l'irrésistible sourire de la toile inanimée, s'animant d'une auréole de soleil, il murmurait :
— Pas de coeur, ce coeur de la femme, coeur d'oiseau, fait pour chanter
Source : Gallica

Maurice de Souillac Zé'Boïm : étude de moeurs (1887)

Cécile, balbutia-t-elle de sa voix musicale et limpide, tu es méchante ! Et tu es injuste ! Je ne sais pas au juste ce qu'on entend par faire la cour à une jeune fille. Mais si ton mari est prévenant pour moi, c'est en tout bien tout honneur ; c'est, je n'en doute pas, pour te faire plaisir, à toi qu'il aime tant.
Pour la première fois de sa vie, Madeleine — la pure et innocente enfant — mentait. Sans doute, elle ne se rendait pas compte exactement de ce que c'est que l'amour ; mais, elle l'avait bien compris, Pierre Gardot l'aimait.
Source : Gallica

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