Résumé

A. G. En allant de Marseille à Bourbon sur le "Polynésien" (1893)

En me réveillant ce matin, fort tard, je me demande si nous sommes encore à Port-Saïd ou si nous avons repris notre voyage interrompu.
Sans le bruit de l'hélice qui me semble marcher lentement et presque silencieusement, je croirais notre paquebot encore en repos. C'est bien l'impression que j'éprouve en jetant un coup d'œil rapide à travers la fenêtre de ma cabine. Aussi loin que la vue peut s'étendre jusqu'à l'extrême
horizon, je ne vois qu'une plaine d'un aspect inusité, sans trace de végétation, sans aspérité, sans un seul point de repère.
Source : Gallica

A. G. En allant de Marseille à Bourbon sur le "Polynésien" (1893)

Il est là pour observer, dans la nuit, au bossoir en avant du paquebot, tout ce qui pourrait être un danger pour lui; tout, depuis le plus léger ressac produit par la lame qui frôle une roche sous-marine, jusqu'à la rencontre imprévue d'un navire qui, sortant tout d'un coup de la brume, s'avancerait contre lui.
Je suis en train de me dire qu'il y a quelque
chose de véritablement grand dans cet acte si simple en apparence, accompli avec une telle conscience, loin de tout témoin, lorsque, tout à coup, l'homme, que je n'ai pas quitté des yeux, a tressailli.
Source : Gallica

A. G. En allant de Marseille à Bourbon sur le "Polynésien" (1893)

Oui, c'est bien là une ville flottante que ce magnifique paquebot, avec ses douze cents passagers, avec ses cent cinquante hommes d'équipage, toutes ces professions, tous ces corps de métiers qui s'exercent ici, comme s'ils étaient à terre, depuis le directeur delà poste jusqu'au bouvier qui a soin des étables, depuis le chauffeur enfoui dans les profondeurs de la cale jusqu'à l'officier sur sa passerelle, qui consulte les cartes, ses instruments et les astres dont il relève la hauteur, et qui détermine enfin, mathématiquement, le point du globe sur lequel il passe en ce moment.
Source : Gallica

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