“ Un dernier rayon de soleil perce les rideaux, et lui fait un sillage de lumière. Et, comme elle s’avance, un cri m’échappe. Sa taille s’est affinée. Son buste a repris la désinvolture rhythmique de la jeunesse. Au front, aux tempes, plus de rides. S’éclairant d’elle-même, la peau éblouit. ”
Sillage
Définition et enjeux
Le sillage désigne le trajet ou l'empreinte laissée par un objet en mouvement, notamment dans l’eau, mais aussi en sens figuré. Ce concept, abordé par des auteurs comme Albert Giraud, qui évoque un « sillage de lumière », ou Virginie Hériot, qui décrit un « sillage blanc d’écume », révèle une fascination pour le lien entre mouvement, espace et éphémère.
Albert Thibaudet, quant à lui, l’utilise pour symboliser des lignes décisives dans l’histoire humaine. Ces interprétations, mêlant poésie et réflexion, soulignent la richesse du sillage comme thème de création et de pensée.
Citations sur “sillage”
“ LE SILLAGE Sur le jaspe du lac, une jonque d’ébène aux voiles noires, qui vogue sans rameurs, ouvre un long sillage de neige. C’est vers l’Occident qu’elle s’en va lentement. — Oh ! si lentement que l’on entend à peine le frisson de ses ailes tristes. ”
Albert Thibaudet,
Les Idées de Charles Maurras
“ Point, et place, et ligne étroite comme le sillon dans un champ ou le sillage sous la proue, mais toute l’histoire humaine est faite de ces courbes, les unes géométriques, les autres inorganiques et d’autres vivantes, parmi lesquelles quelques privilégiées dessinent ou circonscrivent la figure d’une destinée immortelle. ”
Virginie Hériot,
Une âme à la mer
“ Pas de sillage étincelant, pas de reflets sur l’immensité des eaux. Beauté ! Douceur ! Silence ! Lorsque passe un souffle, c’est une pluie d’étoiles qui palpite et meurt. Le sillage rejoint la lune de clarté. Ailée passe silencieusement en traînant ses grandes ailes blanches douces comme des plumes sur cette mer irréelle. La lune éclaire d’une façon morbide et fausse la mer agitée qui vient battre avec fracas la coque de Ailée. L’avant se soulève éperdument sur les masses noires, puis retombe en ouvrant la mer qui lugubrement forme deux gerbes étincelantes. ”
Gustave Planche,
Revue des Deux Mondes
(1853)
“ Les dunes, les flots et les navires sont d'une simplicité de style réellement admirable; l'eau, transparente et profonde, semble se rider sous le vent; la quille des vaisseaux, agile et rapide, sillonne la mer et trace un lumineux sillage. ”
Virginie Hériot,
Une âme à la mer
“ Sa proue semble palpiter sous les rafales ; couverte d’embruns elle vit en plongeant ! Ses voiles bien tendues, poussées vers l’horizon l’entraînent joyeuse. Elle file quinze nœuds pleins ; la lisse dans l’eau elle est belle à voir ainsi. L’arrière s’incline au ras de l’eau, le grand sillage est blanc d’écume, la mer passe silencieuse dans un grand remous. La bôme, petite largue, entraîne la grand’voile qui plaque superbement, puis c’est la misaine que mes yeux contemplent, la trinquette et le foc bordés bien. Et voici la rumeur venant du gréement qui nous accompagne. ”
Gabriel de La Landelle,
Légendes de la mer
(1880)
“ La chaloupe glisse sur le galet , puis sur le sable fin à travers les premières lames ; enfin la voici qui flotte ; les mariniers sont montés à bord ; ils poussent . Les poulies ont crié , les voiles battent et retombent lourdement sur les mâts , le vent les gonfle bientôt ; adieu le chant des pêcheurs , il se perd dans l' éloignement , il est couvert par le bruit des avirons qui de toutes parts frappent les flots . Au large , les navires , jusque-là retenus par le calme , s' ébranlent , s' inclinent et volent au milieu milieu troupes d' oiseaux de mer qui plongent dans leur sillage . ”
Pierre Loti,
Pêcheur d’Islande
(1886)
“ La brise, la mer, la Marie, les nuages, tout était pris d’un même affolement de fuite et de vitesse dans le même sens. Ce qui détalait le plus vite, c’était le vent ; puis les grosses levées de houle, plus lourdes, plus lentes, courant après lui ; puis la Marie entraînée dans ce mouvement de tout. Les lames la poursuivaient, avec leurs crêtes blêmes qui se roulaient dans une perpétuelle chute, et elle, — toujours rattrapée, toujours dépassée, — leur échappait tout de même, au moyen d’un sillage habile qu’elle se faisait derrière, d’un remous où leur fureur se brisait. ”
Ludovic Sarlat, Aimer, prier, chanter, poésies… (1846)
“ Enfant, vos cheveux blonds flottent sur votre épaule Plus gracieux cent fois que les rameaux du saule Qui tremblent au vent du matin. Comme ils vont à ravir à votre cou céleste, Plus éclatant qu'un lis, et plus que lui modeste, Ce cou plus doux que du satin ! Vous parlez ? Votre voix cause un bonheur suprême : Elle vibre long-temps au-dedans de nous-même, Comme un écho du bruit qui se fait dans les cieux. ”
D. Rebitté, Essai sur la poésie et la poétique… (1845)
“ Ces syllabes, ces pieds, ces vers, abstraction faite des idées, si l'on veut donner à ces faits un aspect plus simple, sont bien réellement des faits à formes sensibles, et cette qualité ne dépend nullement pour eux de leur signification. Le son existe pour l'oreille, comme la simple lettre, la syllabe, le pied, le vers, existent pour les yeux; il est en soi un fait matériel, semblable aux autres faits matériels, que j'observe dans la nature. ”
L. Silvant, Éphémère, poésies de L. Silvant (1855)
“ J'aime à voir ses rayons qui dorent le coteau ; J'écoute avec amour, quand le jour se colore, Parler la voix d'en haut ! Un 'doux ravissement dans mon âme s'éveille, Quand l'ombre de la nuit annonce son retour, Sous la voûte des cieux je vois l'astre qui veille Briller au firmament, s'éteindre avec le jour; De ces points lumineux je vois filer l'étoile, Refléter ses rayons au transparent de l'eau, Et le nuage épais, qui passe et qui la voile, Dit : C'est la voix d'en haut ! Venez, venez au bois : que d'odeur parfumée! ”
Denis Diderot,
Œuvres complètes de Diderot
“ Mais appelez la nature ; présentez-lui ce cou, ces épaules, cette gorge, et la nature dira : « Cela c’est le cou, ce sont les épaules, c’est la gorge d’une femme qui a perdu les yeux dans sa jeunesse. » ”
“ La chair, monsieur l’abbé, la chair, la chair, la chair ! Une gorge moelleuse et blanche, une jambe bien faite, des yeux qui flambent, une bouche qui se pâme, voilà toute ma vie. Hormis la chair et le baiser rien n’est beau, rien n’est bon, rien n’est vrai ici-bas. ”
Charles-Joseph Ligne, Mémoires, souvenirs et anecdotes… (1859)
“ Un mot, une inflexion, le son de la voix, un geste, un regard, un rien fait couler des torrents de pleurs quand on est affligé. Les nerfs sont alors comme un instrument que le vent, le bruit d'une porte fait résonner ”
César-Auguste Horoy, Santeul, poète de la cour de Chantilly (1856)
“ Quelle mobilité dans tous les muscles et dans tout le masque ! Quelle habitude du rire et de la saillie ! et ces cheveux épars qui se dressent en désordre autour du front, ils n'attendent que le souffle du dieu. ”
André Michel, Sur la peinture française au XIXe siècle (1928)
“ Si tu dessines un corps nu, une figure, une main, c'est bien autre chose. La chair est une buveuse de lumière et une échangeuse de reflets inépuisables. Vois un enfant nu de Rubens ! C'est de l'arc-en-ciel fondu sur la chair, l'éclairant, la pénétrant, lui donnant l'idéal, le relief, la circulation, la palpitation, la vie sortant à pleins bords de la toile ! ”
Théodore Lepetit, Principes et exercices élémentaires de versification française… (1862)
“ Il y a six choses à observer dans le vers français : la nature des syllabes, la mesure, l'élision, la césure, la rime et la disposition. 1. - DE LA NATURE DES SYLLABES. Les syllabes sont muettes ou sonores. La syllabe muette est celle qui, à la fin d'un mot, se termine par un e muet seul : rose, couronne; ou suivi de s, nt : voûtes, tristes, tu aimes, ils chantent. La syllabe sonore est toute syllabe qui n'est pas muette : bonté, couleurs, signaler. Une syllabe muette, à la fin du vers, ne compte jamais dans le nombre des syllabes. ”
Paul Verlaine,
Œuvres complètes de Paul Verlaine
“ Elle et moi, les cheveux et la pensée au vent. Soudain, tournant vers moi son regard émouvant : « Quel fut ton plus beau jour ! » fit sa voix d’or vivant, Sa voix douce et sonore, au frais timbre angélique. ”
Ludovic Sarlat, Aimer, prier, chanter, poésies… (1846)
“ Toi, pour qui la coupe est amére , Chante et meurs!. Mais, espère, attends. Le ciel t'invite, heureux convive; Là-haut une foule attentive Prêtera l'oreille à ta voix : Pars donc sans crainte, ouvre les ailes; Au ciel les harpes immortelles Bientôt frémiront sous tes doigts. Moi, je chante, et la brise emporte Mes chants encore plus légers ; Mes chants s'en vont. Ami, qu'importe Que mes accords soient passagers ? Qu'importe que ma voix sonore S'éteigne le soir, si l'aurore Me surprend encor dans mes chants? ”
Albert Thibaudet,
La Poésie de Stéphane Mallarmé
“ Mais à cette plénitude de grâce s’oppose, voix alternée du même chœur, le geste du doigt levé, et ce geste vers l’absence équilibre l’épaule comme l’ombre la lumière, comme l’appel, éperdument, du sein brûlé, équilibre de rêve l’éclat du sein substantiel. ”
Léonce Depont, Revue des Deux Mondes
“ En quelque lieu qu’un soc ouvre un sillon, partout L’universelle ivresse en rythmes se résout. Les voix de la Nature agrestement unies Scandent ta mélopée avec leurs harmonies, Dont s’exhale dans l’aube un souffle avant-coureur. ”
Armand Silvestre,
Histoires gaies
“ Une chair où les divines chaleurs du sang couraient en coulées d’ambre, une chevelure noire avec des reflets de lapis, des yeux sombres et toujours voluptueusement bistrés, une bouche ardente sans cesse entr’ouverte, comme une grenade, sur d’étincelantes blancheurs, un corps onduleux comme la vague, tout ce qui attire en un mot, tout ce qui charme les sens, tout ce qui rouvre, sans trêve, l’aile lassée du désir. ”
Claude Bernard,
La Science expérimentale
“ Les mouvements les plus expressifs de nos facultés disparaissent les premiers, d’abord la voix et la parole, ensuite les mouvements des membres, ceux de la face et du thorax, et enfin les mouvements des yeux qui, comme chez les mourants, persistent les derniers. ”
“ Lorsqu’un autre bruit de pas, qui semblait être l’écho de votre marche, écho d’abord lointain, puis plus proche, puis enfin tout près de vous, appelait votre attention, et vous tirait d’une ravissante rêverie, sans doute. ”
Louisa Siefert,
Le Parnasse contemporain/1876
“ Tes yeux ont la couleur de la source où tu bois. Les baisers que je prends sur tes lèvres pressées, Font le doux bruit de l’eau qui glisse dans les bois, Sur un lit de verdure et de feuilles froissées. Ta voix, vive et légère, est comme l’eau qui fuit. ”
Hippolyte Taine,
Histoire de la Littérature Anglaise…
“ Les yeux, les oreilles, tous les sens curieux, exaltés, ont leur contentement dans le cliquetis des syllabes, dans le chatoiement des beaux mots colorés, dans le choc inattendu des images drolatiques ou familières, dans le roulement majestueux des périodes équilibrées. ”
Arvède Barine,
Alfred de Musset
“ A quel point l’accent oratoire bien placé peut allonger un vers, en voici un exemple : Est-ce bien toi, grande âme immortellement triste ? Il n’a ignoré aucun des effets infiniment divers produits par l’entrelacement des syllabes sourdes et des syllabes éclatantes, des syllabes pleines et des syllabes muettes. ”
Alix Tiron, Etudes sur la musique grecque, le plain chant et la tonalité moderne (1866)
“ Le sentiment du rhythme étant inné en nous, nous l'appliquons instinctivement aussi bien aux mouvements de notre voix, au langage et au chant, qu'aux mouvements de notre corps, à la marche et à la danse. ”
François Raymond, Dictionnaire général de la langue française de François Raymond (1832)
“ Dans la poésie lyrique, le nombre des syllabes varie, et est sujet à des règles particulières. Dans la poésie légère et libre, on suit, pour le nombre des syllabes, l'arrangement que l'on vent. Le mélange et la disposition des rimes ont pour base la différence des rimes masculines et féminines. 1°. Il est défendu de mettre de suite deux vers masculins on deux vers féminins qui ne riment pas ensemble. Les anciens poètes se permettaient ce mélange qui choquerait aujourd'hui l'oreille. ”
Mlle Clémence Robert, Biographie des femmes auteurs contemporaines françaises
“ Dans cette dernière poésie, chaque strophe se compose de vers de neuf syllabes, et se termine par un vers de trois ; cette chute fait parfaitement, parce que ce petit vers s’harmonise avec les autres, où le repos est ménagé à la troisième syllabe. C’est un rhythme neuf, tout artistique, que l’on aime par son étrangeté. Ces vers de neuf syllabes, défendus autrefois, sont vraiment dignes d’être employés ; et, tout en se gardant bien de les prodiguer, on devrait s’en servir quelquefois dans les poésies de peu d’étendue. ”
Tristan Derème,
Le poème des griffons
(1938)
“ Douze mots, dont un de trois syllabes, et qui sera rivages, s'il vous plaît... Et de plus, un mot de deux syllabes... – Un mot de trois syllabes... Onze autres mots, dont un de deux syllabes... Douze syllabes en tout... Je... – Ne venez vous pas de l'entendre ? Au point où chacun d'eux perd l'un de ses rivages... Comptez : douze mots, douze syllabes... Ce sont jeux innocents ; on le sait ; je l'avoue ; mais je me suis bien assez creusé la tête, comme parlent les bonnes gens, qui disent aussi dans leur langage que les têtes se creusent comme les crânes se bourrent ”
Émile Gebhart,
Praxitèle : essai sur l'histoire de l'art et du génie grecs depuis l'époque de Périclès jusqu'à…
(1864)
“ Enfin un sillon très accentué, parallèle aux yeux, traverse le milieu du front, signe de cette méditation profonde et calme où les regards se lèvent souvent vers le ciel comme pour y lire la vérité, tandis que les plis creusés entre les sourcils marquent plutôt une recherche laborieuse et triste. ”
“ Le bruit tumultueux de la foule et du monde, Suivant d’un œil distrait, la course vagabonde D’un nuage flottant... C’est l’heure où, d’un rayon qui doucement le frôle, Dans les vallons ombreux, s’argente le vieux saule ”
“ Je ne me trompe pas... vous prononcez de quinze à vingt syllabes par seconde, c’est-à-dire cinq à six fois plus que l’oreille humaine n’en peut percevoir. Votre voix, d’ailleurs, est beaucoup plus aiguë que tout ce que j’ai entendu comme voix humaine. Vos gestes, excessifs de rapidité, correspondent bien à cette parole... Votre organisation est probablement tout entière plus rapide que la nôtre. ”
Émile Sicard, Le Jardin du Silence et la Ville du Roy
“ Pourquoi m’avez-vous fait si chèrement humain, Puisque dans votre route il est tant de chemins Et puisque ma faiblesse est un rayon qui danse ? Je viens à vous, ce soir, car l’eau fraîche des puits Est heureuse à la gorge avide et desséchée ; Je viens à vous et ma douleur longtemps cachée Prends confiance. Entendez-vous le faible bruit Qu’elle fait ? ”
Ludovic Sarlat, Aimer, prier, chanter, poésies… (1846)
“ Et quand l'écho de la montagne Répète un chant qu'il accompagne, Est-ce votre voix qui répond? La voix a des ailes sublimes Quand nous vous prions à genoux : Par delà les plus hautes cimes Elle s'élève jusqu'à vous. ”
Charles Batteux, Élémens de littérature, extraits du "Cours de belles-lettres" de M. l'abbé Batteux… (1834)
“ Comme les sons de ces syllabes sont les derniers qui frappent l'oreille, l'art, dirigé par la nature même, a voulu que ces sons fussent choisis avec plus de soin que les autres, afin que le repos de l'oreille fût plus agréable. ”
Richard Francis Burton,
Voyage aux grands lacs de l'Afrique orientale
(1862)
“ Peu à peu la voix s'élève, le cercle s'anime, les bras s'agitent, les corps se baissent, touchent le sol et rebondissent; le groupe se condense, la voix grandit, le mouvement s'accélère, et une sorte de galop infernal emporte ce tourbillon satyriaque, aux gestes qui n'ont plus rien d'humain. ”
Ernst Theodor Amadeus Hoffmann,
Contes fantastiques
“ À la fin le grattement effroyable cesse, et le bruit de pas dans la salle se fait entendre de nouveau. — La vie et le mouvement se réveillent soudainement en moi, je me lève et j’avance vivement de quelques pas. ”
Alain,
Quatre-vingt-un Chapitres sur l’esprit et les passions
“ Disons seulement que, dans les rêves, les voix que nous croyons entendre sont sans doute souvent notre voix même, les cris, nos propres cris, les chants, nos propres chants. Avec cela nous battons des rythmes par le souffle, les muscles, le sang. ”
George Sand,
Oeuvres de George Sand
(1837)
“ En général la région où se rassemblent les rapports mutuels entre les sourcils, les yeux et le nez, est le siége de l’expression de l’âme dans notre visage, c’est-à-dire l’expression de la volonté et de la vie active. ”
Sully Prudhomme,
Réflexions sur l’art des vers
“ Ainsi, quand le nombre de syllabes requis pour constituer un vers a été exactement compté par les doigts, l’oreille y trouve aussi son compte : elle rattrape par la durée des unes ce qu’elle perd par celle des autres. ”
Hilarion Ballande,
H. Ballande. La Parole, ou l'Art de dire et d'exprimer…
(1868)
“ Ouvrons la bouche, et, sans imprimer le moindre mouvement ni au larynx, ni à la glotte, expirons l'air que nous avons aspiré ; cet air s'échappera sans produire aucun son. Au contraire, expirons cet air en contractant le larynx et la glotte, il viendra heurter les fosses nasales, la luette, le palais, les dents ou les lèvres, et il en résultera un son ; ce son, c'est la voix. ”
Paul Verlaine,
Poèmes saturniens
(1866)
“ Torrent de cris roulant ses ondes sur les roches Et puis s' évaporant en des murmures longs , Sinistrement dans l' air du soir tintent les cloches . Par les cours du palais , où l' ombre met ses plombs , Circule – tortueux serpent hiératique – Une procession de moines aux frocs blonds Qui marchent un par un , suivant l' ordre ascétique , Et qui , pieds nus , la corde aux reins , un cierge en main , Ululent d' une voix formidable un cantique . – Qui donc ici se meurt ? ”
