Résumé

D. Rebitté Essai sur la poésie et la poétique… (1845)

Ce qui résulte du contact du monde et de notre âme, c'est l'impression poétique. Si certaines formes de langage n'étaient pas trop sèches dans une telle matière, on pourrait dire que l'âme humaine est le sujet poétique; la nature, le monde, tout le réel, qui comprend le monde et l'homme lui-même, pourrait s'appeler l'objet poétique; le contact du sujet avec l'objet, de l'âme avec la nature, serait l'effet, le rapport poétique. L'analyse, si elle s'arrêtait là, réduirait la poésie à trois éléments, la nature, l'âme, et l'impression de la nature sur l'âme.
Source : Gallica

D. Rebitté Essai sur la poésie et la poétique… (1845)

Mais l'émotion et l'idée, pour se plier aux bonnes conditions de l'art, exigent avant tout, une grande variété, une sorte de plénitude. Ne séparez donc jamais la vie humaine de la nature extérieure et de sa large influence; ne bornez pas la vie de l'âme à un petit nombre d'émotions, encore moins à une émotion unique et permanente ; ne laissez pas l'intelligence languir à demi étouffée dans les étreintes d'une seule idée, si vous voulez que l'art s'épanouisse, étale ses vastes rameaux , et se couronne à la fois de feuilles et de fleurs, tout fier de sa fécondité luxuriante.
Source : Gallica

D. Rebitté Essai sur la poésie et la poétique… (1845)

Les circonstances, où l'on vit, sont connues à satiété. Les horizons de l'intelligence ont atteint leurs bornes. Il n'y a plus rien qui surprenne, plus rien qui étonne, plus rien qui transporte les âmes d'un sentiment vif; l'art a péri sous cette influence mortelle de la monotonie et de l'uniformité. Mais la poésie ne pouvait pas périr, sans que la sensibilité ne s'éteignit. La ruine de la sensibilité étant la ruine du ressort principal de l'âme, et l'intelligence ayant perdu cet appui, tout finit par succomber, l'idée et l'émotion, la poésie et la science.
Source : Gallica

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