Émile Sicard

Élements biographiques

Émile Sicard La Mort des Yeux

La fillette a demandé : « Maman, qu’est-ce que c’est que ce monsieur qui a les yeux tout blancs ? »
La dame a répondu : « C’est un aveugle » et j’ai reconnu la voix de Paula Weigt.
Il est passé des gens qui ont dit entre eux : « C’est fini, il n’y a plus rien à faire », et qui m’ont jeté un regard de pitié, comme on jette une poignée de terre sur une tombe.
Très loin, très loin, un tablier blanc faisait une tache claire dans le paysage indécis de ma pensée. Ce petit nuage tremblant tombait de la pluie d’âme et le chemin qui l’apportait se mouillait de sa tristesse, lentement.
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Émile Sicard Le Jardin du Silence et la Ville du Roy

Lorsque je suis debout.
II
La route, le village, une aire,
Un cheval qui tourne, du blé,
Des meules, des pins étoilés,
Des vignes, l’odeur de la terre.
Dans l’extase du matin bleu
La paille fuit et le grain tombe.
Sous la chaleur le fruit succombe ;
Tout le pays ressemble à Dieu.
Les lavandières descendues
Des Artaud vers les bords de l’Arc
Rient en passant. Voici le parc
Du Tholonet, les avenues,
Les platanes, la pièce d’eau,
Le souvenir de cent années,
La Castiglione étonnée,
L’ombre des fêtes, le château.
Quelle lumière sur la plaine !
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Émile Sicard Le Laurier Noir

La cendre est dispersée et vide est le tombeau.
Mes doigts, pieusement, désenlacent les pages.
Vos chants ont le parfum de ces mûres sauvages
Dont l’éclat langoureux répand, en s’écrasant,
Sur la bouche enivrée, une goutte de sang.
Ô comme votre mort ressemble à votre vie !
Dans l’espace creusé par la houle ennemie,
Dans votre éternité vous gardez sur les mains
Tous les reflets d’amour serrés dans ce jardin.
C’est la vigne et le lys qui sont vos immortelles.
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