Émile Sicard

Résumé

Émile Sicard Le Laurier Noir

Et, la gloire et la mort me faisant une escorte,
J’offris toute mon âme à tout votre pays.
Ce poids d’éternité, de deuil et de vaillance
Ne pouvait-il suffire aux balances de Dieu ?
Fallait-il, Verhaeren, parfaire l’abondance
En mêlant votre vie aux combats furieux ?
Vous n’êtes plus. L’enfer des machines humaines,
Comme dans la tranchée, a broyé votre corps
Et la nuit qui laboure et repeuple la plaine
Ne laisse aux souvenirs que leurs étoiles d’or.
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Émile Sicard Le Laurier Noir

L’AMBASSADEUR
Dans sa villa posée entre les fleurs de Rome,
Jouant de son esprit et de sa dignité,
Amoureux comme un chat, mais patient comme un homme,
L’Ambassadeur défend sa propre liberté.
S’il songe à l’Empereur c’est surtout pour lui-même,
Le ciel du Palatin a trop vu son regard
Et du jardin Borghèse il sait trop les emblêmes
Pour qu’il ose penser à son prochain départ.
Le vin de Tivoli lui couronne la bouche.
Quelle bière du Rhin en chasserait le goût ?
Ô si du Quirinal, politique et farouche,
Il pouvait, de ses mains, enfoncer les verrous !
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Émile Sicard Le Laurier Noir

La cendre est dispersée et vide est le tombeau.
Mes doigts, pieusement, désenlacent les pages.
Vos chants ont le parfum de ces mûres sauvages
Dont l’éclat langoureux répand, en s’écrasant,
Sur la bouche enivrée, une goutte de sang.
Ô comme votre mort ressemble à votre vie !
Dans l’espace creusé par la houle ennemie,
Dans votre éternité vous gardez sur les mains
Tous les reflets d’amour serrés dans ce jardin.
C’est la vigne et le lys qui sont vos immortelles.
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