Le Laurier Noir

Résumé

Le Laurier Noir Émile Sicard

Ô comme votre mort ressemble à votre vie !
Dans l’espace creusé par la houle ennemie,
Dans votre éternité vous gardez sur les mains
Tous les reflets d’amour serrés dans ce jardin.
C’est la vigne et le lys qui sont vos immortelles.
Drouot, malgré l’orage et la douleur fidèle,
Malgré la boue offerte au creux du chemin nu,
Malgré ce que je sais, malgré ce que j’ai vu,
Je ne puis vous imaginer qu’en la lumière
D’un manteau ruisselant de rubis et de lierre,
Pareil aux jeunes dieux que Vénus, au matin,
Fait danser sur un lit de grappes de raisins.
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Le Laurier Noir Émile Sicard

ÉLÉGIE À MA SŒUR GERMAINE POUR LA MORT DE JULES JULIEN
Pitié ! pitié ! La terre s’ouvre davantage,
L’aube s’engouffre dans la nuit,
La jeunesse, haletante au sommet de l’orage,
Pareille à l’arbre perd ses fruits.
Le sang roule le sang. La plus haute montagne
Écarte ses flancs dépouillés ;
Et, sa faux aiguisée, hurlant dans la campagne,
La mort nivelle le laurier.
La cohorte en lambeaux des dieux et des martyres
Dresse son cœur sur une croix ;
L’éternité l’appelle et l’espoir la déchire.
Entendez son acte de foi,
Vivants qui ne vivez que du prix de sa gloire !
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Le Laurier Noir Émile Sicard

Sur la plaine en jetant de la neige aux corbeaux.
Des maisons... des soldats... Et tout le paysage
A sur son corps de gloire un linceul pour manteau.
Je m’avance. L’écho monte de la bataille.
Un poste nous salue. Un chemin lourd s’en va
Rejoindre, en cahotant, un sommet sans muraille
Que couvre incessamment la vague du combat.
Dans cette immensité mes yeux creusent l’aurore.
La flamme de mon cœur cherche à se cuirasser.
Écarte, ô mon amour, l’ombre qui te dévore !
J’ai beau crisper les poings pour m’en désenlacer,
Le pesant lierre noir mâche la branche verte.
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