Charles Beltjens

Charles Beltjens

Résumé

Portrait de Charles Beltjens Charles Beltjens,  Nox

“ Soyez maudits, cent fois maudits, ciel taciturne,
Toi, marâtre Nature, aux cachots étouffants ;
Univers, cauchemar d’un aveugle Saturne
Qui dévore, aussitôt qu’ils sont nés, ses enfants !
Toi, si tu vis là-haut, Créateur de mon être,
Dieu sourd-muet, chez qui vainement nous frappons,
Si je ne puis te voir, te parler, te connaître,
Pourquoi de mon néant m’as-tu tiré ? Réponds !
Dieu ! si ton nom n’est pas le nom d’une chimère
Que le mensonge impose à l’imbécillité,
Un frêle épouvantail, un fétiche éphémère
Dont l’homme se délivre à sa virilité
”
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Portrait de Charles Beltjens Charles Beltjens,  Nox

“ De la cime des cieux jusqu’au fond de l’enfer.
Comme à la pesanteur que nul astre n’évite,
Chaque atome obéit inéluctablement ;
Autour de ce soleil chaque homme aussi gravite.
À travers des chemins qu’il s’est faits librement.
Nul ne peut éluder son algèbre impeccable,
Où la moindre pensée, et la moindre action,
Comme un chiffre à son rang, méritante ou coupable.
Trouve sa récompense ou sa punition.
Chaque homme a dans sa vie un coin plein de mystère,
Comme dans un vieux livre un passage effacé,
Où brusquement revit en saillant caractère
Une image perçant les brouillards du passé.
”
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Portrait de Charles Beltjens Charles Beltjens,  Nox

“ À travers tous mes vœux de toute chance exclus,
Ce ténébreux amour qu’il a pour ses victimes,
Dans les mornes troupeaux dont il fait ses élus !
Partout son œil de lynx me surveille et m’épie ;
Si j’ose seulement regarder mon voisin,
Cet écart passager, durement je l’expie
Sous le bâton fatal du terrible argousin !
En dévorant mes pleurs, dès que je me déplace,
L’amer bourreau me suit ; quand je me crois tout seul,
Je sens une atmosphère étrange qui m’enlace,
Et souffle sur mon front le vent froid d’un linceul !
”
Source : Wikisource

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