Aristide Dauvin, La foi et l'athéisme (1857)
“ D'un air sombre, à l'écart, le blasphème à la bouche, Chacun rassasiait son appétit farouche; Chacun pour soi vivait, chacun tuait pour soi ; Du monde condamné, l'homicide était roi. Avec l'amour, partout la foi s'était éteinte. Nul, dans son désespoir, qui n'eût au cœur la crainte, La certitude même, ô tourment sans pareil ! D'un trépas sans merci, sans tombeau, sans réveil ! Le meurtre, de la faim exécrable ministre, Enfin changea la terre en un charnier sinistre, Où, pour s'en assouvir, horreur! à bout d'efforts, Les mourants se traînaient, se tordaient sur les morts. ”
