Aristide Dauvin

Résumé

Aristide Dauvin La foi et l'athéisme (1857)

D'un air sombre, à l'écart, le blasphème à la bouche, Chacun rassasiait son appétit farouche; Chacun pour soi vivait, chacun tuait pour soi ; Du monde condamné, l'homicide était roi.
Avec l'amour, partout la foi s'était éteinte.
Nul, dans son désespoir, qui n'eût au cœur la crainte, La certitude même, ô tourment sans pareil !
D'un trépas sans merci, sans tombeau, sans réveil !
Le meurtre, de la faim exécrable ministre, Enfin changea la terre en un charnier sinistre, Où, pour s'en assouvir, horreur! à bout d'efforts, Les mourants se traînaient, se tordaient sur les morts.
Source : Gallica

Aristide Dauvin La foi et l'athéisme (1857)

Dans une sombre nuit disparaîtra le monde ; Du soleil, la clarté rayonnante et féconde S'éteindra dans l'immensité, Avant que, du néant triomphante victime, Ce mortel, à son tour dévoré par l'abîme, S'éveille à l'immortalité!
y
Emportant mes esprits sur ses ailes de flamme, Un songe prophétique, aux regards de mon âme, Dévoila les gouffres du temps : Je vis l'homme qui doit, seul respirant encore, De la création, comme Adam, son aurore, Saluer les derniers instants.
Source : Gallica

Aristide Dauvin La foi et l'athéisme (1857)

D'un égoïste effroi tous les hommes tremblèrent; Comme devant la mort, tous les cœurs se troublèrent.
Un seul cri s'échappa de tous les désespoirs : « Le soleil ! le soleil !. » Les cieux restèrent noirs.
On allumait partout des feux dans les ténèbres, Pour se refugier sous leurs clartés funèbres.
Source : Gallica

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