“ Parques infinies, filles de la nuit obscure, je vous implore, ô vous qui sur les bords du marais céleste, aux lieux où une eau sombre coule éternellement d’une fontaine infernale sous un épais brouillard, présidez aux âmes des morts qui sont réfugiées dans les profondeurs de la terre, vous venez aux demeures tumultueuses des hommes, accompagnées de l’Espoir et les yeux couverts de voiles de porphyre ; ainsi traînées par vos rapides coursiers, vous arrivez dans le champ fatal, aux limites de la Justice, de l’Espoir et des Inquiétudes, car la Parque est la maîtresse de la vie. ”
Parque
Définition et enjeux
Citations sur “Parque”
Jésuites et imprimeurs de Trévoux, Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ Hésiode, dans le Bouclier d’Hercule, v. 250, dit que cette Parque n’étoit pas grande Déesse, qu’elle étoit cependant la plus puissante & la plus âgée des deux autres Parques. C’est celle des Parques qu’on suppose tenir en main le ciseau pour couper la trame de notre vie, de nos jours. ”
Jean de La Fontaine,
Fables
(1906)
“ A ces mots, par la Parque il se sentit atteint : Il aurait poursuivi; la douleur le prévint. Son ingrate sortit triomphante et parée. On voulut, mais en vain, l'arrêter un moment Pour donner quelques pleurs au sort de son amant. Elle insulta toujours au fils de Cythérée, Menant dès ce soir même, au mépris de ses lois, Ses compagnes danser autour de la statue. Le dieu tomba sur elle, et l'accabla du poids : Une voix sortit de la nue, Écho redit ces mots dans les airs épandus : Que tout aime à présent : l'insensible n'est plus. ”
Érasme,
Éloge de la folie
(1936)
“ Moi, tout au contraire, aidée de l’Ignorance autant que de l’Étourderie, en leur faisant oublier leur misère, espérer le bonheur, goûter quelquefois le miel des plaisirs, je les soulage si bien de leurs maux qu’ils quittent la vie avec regret, même alors que la Parque a filé toute leur trame et que la vie elle-même les abandonne. La vie ne les ennuie nullement. Moins ils ont de motifs d’y tenir, plus ils s’y cramponnent. ”
George Sand,
Le Diable à Paris
(1845-1846)
“ Ces palais, ces buissons de fleurs au milieu des glaces de l'hiver, ces jets d'eau qui reflètent la lumière des lustres, ces globes de feu qui effacent l'éclat du jour, ces tentures de velours et de moire, ces ornements où l'or brille sur tous les lambris, ces parquets où le pied vole plutôt qu'il ne marche, cette douce chaleur qui transforme l'atmosphère et neutralise la rigueur des saisons, tout ce bien-être... c'est l'oeuvre du travail intelligent ”
Various, L'Illustration, No. 3666, 31 Mai 1913
“ Le parc est tellement grand que parfois on se croirait en pleine campagne, si toujours un ou deux gratte-ciel dans le lointain n'élevaient au-dessus de la cime des arbres leurs têtes indiscrètes, semblables à des maisons chimériques du pays de Gulliver... Les gens élégants doivent avoir fui la ville, car je ne rencontre aujourd'hui que des petits bourgeois endimanchés, des «enfants à roulettes», d'austères vieilles misses à lorgnon qui doivent être des institutrices. Et solitairement je vais m'asseoir au bord d'une allée.A peine suis-je là qu'un bruit très léger me fait tourner la tête. ”
Pierre Marge, Le Tour de l'Espagne en Automobile
“ N'oublions pas que nous sommes ici dans une maison de campagne où les arbres et les plantes doivent jouer le premier rôle. Le parc et les jardins sont encore, paraît-il, tels qu'ils étaient au temps des Maures; en parcourant les grandes allées ombreuses, des bouffées de souvenirs de légende vous montent au cerveau... à chaque tournant on s'attend à voir apparaître la silhouette gracieuse d'une odalisque, la tête entourée de gaze, ou la forte carrure d'un Maure bronzé et barbu sous le burnous blanc. ”
Pierre Gauthiez,
Au soleil de Versailles
(1910)
“ Près du Grand Parc, rongé d'herbe et de mousse, Un bassin calme, à Trianon-sous-Bois, Dans la feuillée où le soleil s'émousse, Ouvre sa vasque aux jardins d'autrefois ; Les marronniers aux tiges renversées, De leur image en tapissent le fond, Et l'on devine, à travers leurs percées, Un autre ciel, plus sombre et plus profond. Un long jet pâle y balance une aigrette, Lorsque le Parc s'éveille aux Grandes Eaux: Mais plus souvent l'onde est morte et muette, On n'y voit point s'abreuver les oiseaux. ”
Émile Sicard, Le Jardin du Silence et la Ville du Roy
“ Ô mon vain courage et ta plaine ! XI Il a plu. Le jeune dieu, Dans son temple vert et bleu, A des gouttes sur les ailes. Le parc est harmonieux. Une robe passe, telle Une fleur de satin blanc. Le visage étincelant De l’allée en devient rouge. Dans les buis une ombre bouge... Est-ce vous et votre amant Princesse de tous les temps Qui vivez dans les bocages ? Que votre grâce volage Ne fasse pas un boudoir Du parc et du paysage ; Le jeune dieu pourrait voir Ce qu’il ne me faut comprendre. ”
Michel Ribaud,
Japonais et Ainos dans le Yeso…
(1897)
“ Le parc où nous venons d'entrer a ce cachet solennel d'un de vos beaux jardins de plaisance où les générations successives sont venues se récréer, se divertir, respirer l'air des bois, se donner l'illusion de la campagne et de la forêt. Mais, chez vous, les parcs sont artificiels; on sait que leurs hautes futaies ont été plantées de main d'homme un ou deux siècles auparavant. ”
Eugène Forcade, Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 31 mars 1860
“ Sous les ombrages d’un parc, — un parc non métaphorique, — erre mélancoliquement une ombre gracieuse, une robe de mousseline légère et un large chapeau de paille. Celui qui l’observerait, caché derrière une allée, la verrait avec étonnement porter son mouchoir à ses yeux pour essuyer des larmes furtives, ou interrompre sa promenade pour pousser un profond soupir. ”
“ Brillent encore parmi les feuilles que le vent moissonne ; Dans le jardin vieilli et monotone, A certains retours d’un soleil plein de pleurs, La floraison des fleurs Chante des renouveaux et de nouveau rayonne. Ainsi dans le parc sombre, jadis si vert. Dans le parc où poind l’hiver. Dans le parc de mon âme, Ô clarté ! ô sourire ! ô soleil reparu ! ”
Joseph Déjacque, L’Humanisphère, utopie anarchique
“ S’il fait beau temps, il y a de plus les promenades dans le parc splendidement illuminé ; les concerts à la belle étoile, les amusements champêtres, les excursions au loin dans la campagne, à travers les forêts solitaires, les plaines et les montagnes agrestes, où l’on rencontre, à de certaines distances, des grottes et des chalets où l’on peut se rafraîchir et collationner. ”
Eugène Forcade, Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 31 mars 1860
“ Ce parc ne s’ouvrait que pour quelques amis privilégiés, tous aptes à comprendre le charme de la nature redressée avec art, la science des jardins, à sentir la poésie spéciale d’un groupe d’arbres, d’une allée s’ouvrant à propos, tous connaisseurs capables d’apprécier les détails de la nature, à peu près comme certains gourmets sont capables de commenter les parfums des différens sorbets glacés. ”
Jacques d’Adelswärd-Fersen,
Messes noires ; Lord Lyllian
“ Un parc ancien, qui avait dû servir autrefois de retraite à quelque favorite, un parc aux arbres centenaires, savamment taillés comme aux jours jadis, l’accueillit de son ombre et de sa fraîcheur. Encadré d’une allée en quinconces où, par endroits, des statues de marbre dressaient leur fantôme mélancolique et désuet, le pavillon apparaissait tout blanc dans cette verdure. ”
Marie-Louise Lévêque, Les Nostalgies, poésies (1926)
“ Des bourgeons entr'ouverts, de pâles feuilles pointent, Retirant leur manteau rustique pour l'été. La nature renaît, desserrant son étreinte, Et les arbres du parc retrouvent leur beauté. Le parc est abrité de multiples feuillages Déversant leur ombrage au gazon. Le soleil Ne perce pas la voûte épaisse des bocages. A peine aperçoit-on quelques rayons vermeils. Feuillages blancs ou roux, vert foncé ou vert pâle, Rouges, bruns, jaune-paille, et qui vous agitez Dans la brise qui vient de l'horizon opale, Vous chantez le bonheur et la félicité. ”
Émile Langlade, La cité triomphale (1915)
“ De ma lucarne, je veux voir Rire des gens sur le trottoir Dans la gaîté de la grand'ville. AU PARC MONCEAU Tu viendras t'asseoir dans le parc, tu sais, Le parc plein de ponts, de fleurs, de rocaille. Les palmiers n'ont plus leur mante de paille, Et l' on a tondu les gazons anglais. Tout sent le printemps, un parfum de terre, De terre mouillée et de renouveau Et le soir descend sur le parc Monceau, Ce jardin coquet, coquet pour te plaire. ”
Ennemonde Diard, Coups d'ailes. De l'oiseau à l'avion… (1930)
“ J'aime ce petit parc, ces ruelles mal pavées, cette place triste où les ânes gris étirent leurs oreilles, ces garages de planches, ces montagnes, ces sapins, ces cascades... La Bourboule... Décor de roses et de clématites. Les cols... lieux sinistres où souffle le vent âpre : la Moreno, la Croix Morand, la Ventouse, dont les noms seuls font frissonner, lés refuges de bois, les auberges au noms cocasses, les vaches et les cloches, les champs de bruyère et de violettes sauvages... ”
E A de Molina, Vers le Bleu, impressions algériennes… (1908)
“ Et puis, tout de go, on se trouve engagé dans un parc merveilleux, un site de rêve et de fantaisie, sous des frondaisons luxuriantes et exotiques où les oiseaux gazouillent, où la brise chante dans les feuilles, où l'on entend babiller des ruisseaux en gaieté, où règne et s'épand une fraîcheur exquise, un bien-être indicible, reposant et délicieux à l'être comburé, au sortir de la fournaise chauffée au blanc. ”
Maurice Donnay,
Revue des Deux Mondes
“ Et puis, il faudrait pouvoir s’arrêter, descendre de l’automobile, flâner, badauder, regarder passer les passants, les mille spectacles de la rue si amusants, si instructifs dans une pareille ville. Nous traversons le Parc, maigre parc tout en longueur, maigres arbres, végétation pauvre et clairsemée comme les cheveux d’un homme dans les affaires, et qui de la tête travaille trop. Ville formidable, tentaculaire ; impression d’une création des hommes monstrueuse, contre nature, entendez contre la nature même des villes ”
Arthur Rimbaud,
Illuminations/éd. 1886
“ Les parcs représentent la nature primitive travaillée par un art superbe, le haut quartier a des parties inexplicables : un bras de mer, sans bateaux, roule sa nappe de grésil bleu entre des quais chargés de candélabres géants. ”
Charles Malo, Paris et ses environs : promenades pittoresques (18..)
“ Ces vastes pièces d'eau, ces nombreuses statues, ces bosquets, ces boulingrins, ces longues allées, ces massifs d'arbres, ce parc dont un immense horizon ne laisse pas même apercevoir les limites, ces terrasses si spacieuses, si richement décorées, tant de merveilles enfin réunies excitent à-la-fois et l'étonnement et l'admiration. ”
Charles Philippe Marchand, Lettre à M. Lainé, ministre de l'Intérieur… (1818)
“ Un parc, a-t-il dit; un grand parc sur le sommet d'une roche escarpée ! Parbleu cela est curieux. Demain je prends la poste et j'y cours.. Ce sont de grands gueux s'ils se plaignent d'habiter une magnifique maison de campagne , sur la pointe d'une roche escarpée.... Cependant, a-t-il ajouté, Son excellence ne prouve pas que, loin d'avoir un parc, ils n'aient pas même la jouissance du fort; qu'ils ne soient point dans de véritables cachots jusqu'où l'on ne parvient qu'après avoir franchi cinq portes , lesquels cachots sont visités la nuit comme ceux de la conciergerie à Paris.... ”
Noémie Dondel Du Faouëdic, Voyages loin de ma chambre t.1
“ Ce parc sylvestre, dont l’art n’a qu’en partie transformé l’état primitif, se compose d’une colline d’environ huit cents pieds de hauteur, entièrement couverte d’arbres magnifiques, qui répandent délicieusement l’ombre et la fraîcheur. Cette charmante colline, qui contraste si agréablement avec les pics effrayants et inaccessibles, dont quelques-uns s’élèvent jusqu’à onze mille pieds, est sillonnée en tous sens par des sentiers flexueux, bien tenus, garnis de blancs et bordés de balustrades, promenade reposante et non fatigante, comme il y en a tant en Suisse. ”
Paul Adam,
L’Enfant d’Austerlitz
“ Il regarda le parc dressé dans l’altitude des fenêtres, ses perspectives de charmilles taillées et frissonnantes, les pins immenses, les pelouses blondes, les interminables routes des allées vertes, les gouttes écarlates ou blanches des fleurs suspendues parmi les herbes folles. Vivre autant que la nature immortelle !... croire vivre autant, par l’amour qui perpétue !... ”
Louis-Marie Bajot, Eloge de la paume et de ses avantages sous le rapport de la santé et du développement des facultés physiques… (1854)
“ Dans un parc, dans un bois occupez une allée Dont les arbres touffus, par leur ombrage frais, Joignent à vos plaisirs le plaisir des forêts, Aux chants du bûcheron, au bruit de l'herminette, Quel charme d'allier les sons de la raquette! ”
George Sand,
Monsieur Sylvestre
“ J’étais en train de faire cette réflexion de haute philosophie que, grâce à des chemins si praticables et si doux, je pourrais faire durer longtemps mes chaussures, lorsque je me suis trouvé, je ne sais comment, dans un parc qui couronne à ma gauche la dépression de la colline et qui s’étend au revers jusqu’à une villa de confortable apparence. Je n’aime pas la promenade entre quatre murailles, pourtant il faut bien désirer la conservation de ces vieux parcs où les arbres centenaires sont à l’abri de l’exploitation. ”
René Bazin,
Nord-Sud: Amérique; Angleterre…
“ Il y a peu de monde au parc ce matin, et, par moments, lorsque les érables, les chênes, les hêtres, forment muraille et font l'ogive, ou qu'une avenue transversale ouvre sur un petit plateau gazonné, mouillé et tournant, on se croirait loin d'une ville. ”
Marie Krysinska,
Rythmes pittoresques
“ Dans le Parc, dans le Parc les glycines frissonnent, Étirant leurs frêles bras — Ainsi que de jeunes filles Qui se réveillent d’un court sommeil Après la nuit dansée au bal, Les boucles de leurs cheveux Tout en papillotes Pour de prochaines fêtes — Dans le Parc. ”
Léon Gozlan,
Les Tourelles: Histoire des châteaux de France…
(1839)
“ Le mardy, qui estoit la troisième journée, Monseigneur conclut se donner le plaisir d'aller tirer dans le parc. Ce parc est d'une beauté merveilleuse; on y voit des costeaux, des plaines, des bois, disposez par la nature comme pour servir de retraite à toutes sortes de gibier. Ou y trouve une ménagerie ; on y voit un grand salon orné de peintures représentant l'histoire d'Isis. ”
Eugène Muller, La forêt : son histoire, sa légende… (1878)
“ Pour ceux-là, le Bois consiste en une allée, une seule, celle du bord du lac; et on peut affirmer que bon nombre de ceux qui sont les plus assidus à la promenade ne connaissent du parc énorme que ce point central, sorte de boulevard adopté par la fashion, Corso cosmopolite, où se pressent les équipages, les cavaliers et les piétons, et où a dû défiler, depuis sa création, l'aristocratie du monde entier. ”
Marie-Louise Néron,
Notes et impressions d’une parisienne
(1914)
“ Mais un parc merveilleux enserre la maison. C'est un coin de forêt en quelque sorte capté et enclos de murs, où les arbres énormes de toutes essences mêlent leur frondaison. Les chèvrefeuilles et les lierres s'accrochent et s'enguirlandent aux branches de géants centenaires; les fleurs sauvages croissent, les églantiers aux roses légères s'enchevêtrent aux clématites, aux mais blancs et roses, c'est un vrai « Paradou ». La grille est tendue de noir, et le corbillard tout blanc, avec des étoiles d'argent, stationne déjà dans le chemin creux quand je descends de mon funèbre carrosse. ”
Émile Carrey, Questions d'aujourd'hui et de demain sous-préfectures… (1878)
“ Il est au fond de ce parc, dans son ombre la plus perdue, un pavillon enfoui sous des arbres séculaires et entouré de canaux à l'onde endormie, qui répandent des effluves si calmes de travail ou de volupté, selon l'âge, que l'âme malgré soi, va là d'une pensée à l'autre, enivrée des poésies de cette oasis mystérieuse. ”
Eugène Forcade, Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 31 mars 1860
“ De ridicules rêveurs troubleront de leurs mauvais vers le silence de vos bosquets, et sur vos arbres à la tendre écorce des amans facétieux graveront au couteau le nom de leur bien-aimée. Voilà les périls auxquels vous vous exposez en ouvrant votre parc à la foule. Il sera dévasté, ravagé, bouleversé, piétiné, et il n’est pas certain qu’en compensation, la beauté qui lui est particulière soit admirée et comprise. Les parcs aristocratiques ne sont pas une promenade faite pour la multitude ”
Henri Malo,
Les chroniques du château de Chantilly
(1934)
“ Un parc, l'un des plus grands de France, avec ses bosquets, ses salles de verdure où éclatait la blancheur des marbres aux sujets mythologiques, copiés le plus souvent d'après l'antique; un peu partout, des devises et des énigmes en latin et en français, parfois quelque peu scabreuses ; des charmilles ponctuées de hêtres centenaires ; un labyrinthe bien fait pour perdre qui n'en possédait pas le secret. ”
