Émile Langlade

Résumé

Émile Langlade La cité triomphale (1915)

Les malandrins qu'on traînait au poteau, Le carnaval, la famine et le reste ;
Elle connut tous les petits métiers,
Leurs cris qui sont la voix de la grand'ville, Et les airs vieillots des ménétriers,
Des moineaux logeaient sous son toit de tuile.
Tout, autour d'elle, était vivant, vibrant, Comme la mer, la rumeur de la foule,
Dans ce Paris, de jour en jour plus grand, L'environnait d'un vague bruit de houle.
Et maintenant, tous les nids sont détruits, Sous chaque coup, chaque pierre qui tombe, — Ce bruit se perd parmi tant d'autres bruits ! — C'est le passé qui roule dans la tombe.
Source : Gallica

Émile Langlade La cité triomphale (1915)

Et le bourreau, montrant la tête à la cohue, Sur elle fait tomber des gouttes de sang chaud.
O promeneurs pensifs, vous évoquez l'époque,
Le soir silencieux, immobile et glacé,
Et des quinquets fumeux la lueur équivoque Sur la place déserte où la Mort a passé.
Vous écoutez, au loin, la rumeur de la ville,
La respiration du Paris immortel,
Semblable à l'Océan qui s'apaise, et, tranquille, Oublierait les embruns dont il cingla le ciel.
La neige tombe ; il fait un froid de cimetière ;
La berge de la Seine est blanche ; et les passants Se hâtent, n'osant pas regarder en arrière.
Source : Gallica

Émile Langlade La cité triomphale (1915)

C'est un oiseau joyeux qui porte une chenille Aux jeunes qui peuplent son nid.
Ainsi, comme des riens prennent de l'importance Et comme tout est relatif.
L'oiseau crie, et ce cri c'est toute une romance Pour le Parisien captif.
Car celui-ci n'est point un oiseau de passage ;
Paris le garde tout l'été;
Et ce que l'autre, alors, lui donne en son ramage, C'est un peu de sa liberté.
Martinet, hirondelle, au soir vont se poursuivre, Virer, siffler leurs petits cris ;
Et l'aile, largement ouverte, comme un livre, Planer sur les toits de Paris
Source : Gallica

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